Jour 20

Ce matin, je me réveille tôt. J’ai un rendez-vous important et je tiens à faire ma pratique de yoga avant de m’y rendre. Je dois préparer mes armes pour être la plus forte possible.

Dans l’obscurité matinale, la détermination et la confiance me guident jusqu’au tapis. La séance est rapide et efficace. Je suis éveillée et claire dans mes idées. Je suis préparée à affronter les épreuves qui m’attendent.

Pour commencer, je m’aventure dans une ville que je ne connais pas vraiment. Tous mes sens sont en alerte. J’écoute les sons, observe les panneaux. J’avance. Je reviens sur mes pas. L’architecture de la ville m’est inconnu. Il y a tellement d’endroits où poser mes yeux que je ne sais plus. Par moment, je me sens perdue. Heureusement que j’ai accès du bout des doigts à un guide! Et après toutes mes péripéties, j’arrive à la porte de la prochaine mésaventure.

Le rendez-vous est particulier. De plus, j’ai été convoquée donc la procédure m’est imposée. Je suis là pour attester de ma maladie et de mes difficultés. Comme si, tous les spécialistes n’étaient pas assez crédibles. Pour des raisons financières et d’assurance, je dois justifier que je suis légitime dans mes douleurs. Un sentiment étrange prend place. Je souffre et c’est majoritairement invisible. Et tout au long de mon parcours, je dois continuer à le dire et le prouver. C’est éreintant et c’est ainsi. Les questions qui me sont posées pourraient me faire perdre tous mes moyens. Pourtant, je n’en démords pas. Pendant l’entretien, je pense au yoga, à respirer, à être forte. Et j’y arrive. Je repousse mes limites émotionnelles.

Photo de Vlad Bagacian sur Pexels.com

Je sors de là-bas, à la fois épuisée et abasourdie par l’évènement. Je dois encore retrouver mon chemin. Un bus, un tram, un train. Je me débrouille aisément. Je remercie mon sens de l’orientation. Sur le quai, je dépose les émotions négatives. Je laisse ce passage désagréable et obligatoire sur le sol. Je m’installe dans le train et peu de temps après, il démarre. Le paysage défile sous mes yeux. Dans ma tête, les pensées sont au ralentis. Mes neurones sont figés. Je suis réellement fatiguée. Je n’ai même pas conscience du temps de trajet. Mon unique objectif est de retrouver mes repères et de me reposer.

Et comme prévu, en rentrant, je me repose. J’alterne entre la somnolence et le sommeil profond. Je peine autant à me mouvoir qu’à me réchauffer, enroulée sous deux couvertures. Je pense aux activités que j’aurais aimé accomplir aujourd’hui et me résigne à accepter. Cette fois-ci, je n’ai pas le choix. Il n’existe pas de frontières à outrepasser dans mon état.

Péniblement, pour satisfaire mon moral, je me mets à écrire. Je suis si exténuée. Tout est flou et compliqué. Mes yeux brûlent. Je dois reconnaître que l’exercice est carrément difficile. Les mots ne viennent tout simplement pas jusqu’à mes doigts. Je suis enfermée dans un mutisme. Je force et mon discours est décousu. Il me faut plusieurs heures pour réunir quelques syllabes et former un mince texte. Je ferais mieux une prochaine fois.

Je respecte la situation et vais me coucher.

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