Jour 32

Photo de eberhard grossgasteiger sur Pexels.com

J’ouvre mes yeux avec appréhension. Après mes précédentes péripéties, je me demande dans quelle forme je vais me trouver aujourd’hui. Je fais mes premiers pas, encore endormie et constate une légère fatigue. Ça m’est bien égal, je me sens tellement nourrie par mon exploit que les douleurs peuvent aller se brosser. Elle ne m’atteindront pas. Je boucherais mes oreilles de joie pour ne pas les entendre.

Le matin, j’ai un rendez-vous administratif. Le dernier de l’année, c’est réjouissant.

Une fois libérée de mes devoirs, je pars dans ma cuisine. J’aime penser cette endroit comme un laboratoire d’expériences gustatives. J’ai l’espace de laisser libre cours à mon imagination et de créer au gré de mes envies. Je prépare les derniers présents qui se glisseront sous le sapin afin de ravir les papilles des êtres que j’aime. Entre les ingrédients normaux se glissent de la générosité moulue et de l’amour brut. J’espère rendre aussi heureuse que je ne peux l’être en ce moment précis. Puis, en étant debout, je me rappelle la veille et les sensations vécues. Je souris bêtement en remuant ma préparation. J’arrive rapidement au bout de ma recette et ce n’est pas plus mal.

Je pars m’allonger le temps de charger les batteries pour mieux vivre la suite de ma journée.

En ouvrant les paupières, je saisis mon ordinateur et termine un article. Je me sens productive sans effort. Puis dans un élan de motivation j’enfile mes chaussures et ma veste. J’ai une lettre à poster et autant y aller lorsqu’il fait encore jour.

J’atteins la boite jaune très rapidement malgré les nombreux picotements parcourant mes jambes. A ce moment-là, je prends une folle décision. Je vais profiter de faire un tour dans le quartier, afin d’aérer mes neurones. Il n’y a que ma tête qui est en accord avec ce choix, mon enveloppe corporelle toute entière trouve ça risqué. J’avance, mes ressentiments arrivant de plus en plus jusqu’à mon cerveau. Je tourne à droite, je croise des gens qui, j’imagine, rentrent du travail. J’observe les bâtiments, le ciel couleur bleuet et les nuages qui le compose. L’air est juste frais comme il le faut. Alors que je suis à mi-chemin de chez moi, la réalité me rattrape. Je me demande vraiment ce qu’il m’a prit. J’ai mal et je n’aurais peut-être pas dû m’aventurer ainsi. Ça n’a pas de sens de satisfaire mon esprit si mon corps ne suit pas. C’est une lutte perpétuelle. Soudainement, sous l’emprise de la musique dans mes oreilles, mon regard se pose sur les sommets enneigés au loin. Je vis une sorte de révélation que j’ai du mal à décrire. Le mélange entre la beauté complexe des montagnes que je vois et la musicalité du morceaux que j’écoute fait jaillir un feu d’artifice d’émotions positives. C’est simplement agréable et c’est pour ça que je déambule. J’avais oublié de me laisser surprendre par la simplicité et la magie que la vie peut m’offrir. Je rentre douloureusement légère.

Je m’installe assez rapidement sur mon tapis de yoga avec la certitude de devoir faire le plus doucement possible. Je choisis cet accompagnement qui me semble être le compromis idéal. J’ameute toutes les couvertures de mon salon et commence la pratique. Mes poumons expire encore l’air hivernal et mes gestes sont lents. La séance me fait l’effet d’un massage à l’âme. Je suis complètement alignée dans cette vie qui est la mienne.

Je termine la journée par un repas réconfortant et de la lecture, sous les couvertures. Belle journée de mon quotidien.

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