Jour 33

J’émerge rapidement. L’ébullition des préparatifs pour les fêtes m’a sorti de mon sommeil. Je sais que pour les prochains jours, je serais avec ma famille et je tiens à finir de préparer les derniers détails. Je passe une matinée sans trop réfléchir, mes actions sont automatiques. Je ne comprends même pas comment le temps défile si rapidement.

Une fois que tout est terminé, je regarde l’heure et remarque avec surprise que je peux m’accorder quelques minutes pour écrire. Je m’installe dans le salon et avec le stress de ce matin, je ne sais pas vraiment pas où commencer. Forcément, la tension n’est pas bonne pour la créativité. Je mets un peu de piano, voir si ça peut attiser l’imagination. Je passe beaucoup de temps à regarder par la fenêtre, au loin. Il fait plutôt gris, sans pluie, sans neige. Le paysage est figé autant que mes pensées. De fil en aiguille, les mots s’amoncellent. Je relis rapidement et part en cuisine.

J’ai un repas à terminer de préparer pour les miens. J’admets aimer autant que j’appréhendes les fêtes. J’apprécie tellement de prendre le temps de vivre à mon rythme et ça va peut-être paraître égoïste mais je redoute de ne plus avoir ce temps pour moi. Je sais que je vais être entourée des personnes les plus importantes dans ma vie, celles qui m’ont accompagnées durant toutes mes épreuves. Pourtant, j’ai peur de perdre, l’espace de quelques jours, la liberté de prendre soin de moi. Pour me rassurer, je me promets de garder l’écriture et le yoga pour traverser ce passage. Ils seront mon havre de paix.

Photo prise aujourd’hui, depuis la voiture. Je pourrais regarder ce paysage en continu.

Après cette journée bien remplie, je me sens mentalement fatiguée. Interagir et devoir se concentrer sur les discussions m’a coûté en énergie. Ça valait le coup mais c’est le moment pour moi de me reposer. Avant de passer à ma séance de yoga, je m’asseye. J’ai besoin de faire revenir le calme. J’observe mon corps de l’intérieur. Je crois que mon estomac est encore entrain de digérer le repas du midi. J’apprécie le silence qui m’entoure.

Puis je me lève et décide de simplement m’étirer. Je fais les gestes debout. J’ai le regard qui s’évade dans la nuit, par la fenêtre. L’air est frisquet ou c’est ma peau qui est froide, je ne sais pas. Les mouvements sont lents et rythmés par mon souffle. Je cherche les sensations me permettant d’apaiser mon être endolori. Elles arrivent doucement. Je prends la plus grande inspiration de la journée. En expirant, je lâche prise sur le négatif et m’accapare le bien-être et la gratitude d’exister.

Je me dirige vers la cuisine, saisis un repas et vais m’installer dans le canapé, au chaud. Après celui-ci, des décharges électriques démarrent dans mes mains. Elles partent des poignets pour s’instiller jusqu’à la pulpe de mes doigts. Dès que je cesse de bouger, elles se calment. Malgré tout, je tente des stratégies pour les apaiser. J’étire mes doigts, je ferme les poings. Je les colle même contre la chaleur du radiateur, en vain. Les douleurs sont plus fortes. Je prends un livre que je cale sur mes genoux et tourne les pages avec la plus grande immobilité possible. Je me plonge dans le roman afin d’en oublier le reste. Et doucement, mon corps s’apaise dans les profondeurs du sommeil.

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