Jour 43

Photo de Engin Akyurt sur Pexels.com

Aussitôt mes yeux s’ouvrent que j’ai déjà en tête ma première activité de la journée. Je me lève, enfile des vêtements confortables et chauds. Je me retrouve sur mon tapis de yoga. Les yeux encore collés.

Chaque début d’année, depuis trois années aujourd’hui, je traverse avec enthousiasme le mois de janvier. En effet, Adriene propose une vidéo par jour de yoga, avec un thème. Il y a trois ans, c’était pour moi, une manière de me défier. De me tester et de voir si j’étais capable de faire le choix de venir chaque jour sur mon tapis et surtout, de m’y tenir. J’avais découvert qu’au-delà du pari se cachait les bienfaits de se forcer à prendre du temps pour soi, chaque jour. Peut importe par quel biais. Et le hasard faisant bien les choses, à cette période, j’avais lentement commencé à m’oublier. De cette première expérience, j’ai tiré des leçons et des outils à utiliser tous les jours. Le yoga a réellement pris une place spirituelle. Loin de moi, les idées de performances sportives. Depuis ce jour, je me focalise sur les sensations et le bien-être général.

L’année dernière, le mois de janvier était sous le signe de la maladie. J’étais en plein centre d’une crise lente et me tirant vers le bas depuis plusieurs mois. Je n’avais pas de diagnostique et je luttais tant bien que mal. J’ai tenté dans un élan d’espoir de me retrouver chaque jour sur mon tapis. Malgré toute ma bonne volonté, le corps ne suivait pas. L’esprit prenait des coups. Parfois, je passais la séance à simplement écouter la voix guidante et je respirais, faute de pouvoir faire plus. Il n’était pas simple de voir que je n’arrivais plus à tenir debout. Observer, une à une, toutes mes capacités diminuer. Disparaître. Sans avoir de certitude de les voir renaître.

Cette année, diagnostique posé et plus déterminée que jamais à faire rejaillir tout ce que j’ai perdu. Je me lance en connaissance de cause. J’admets qu’il y a de l’appréhension. Peur d’être confrontée à mes propres difficultés, peur d’être à nouveau contrainte d’abandonner. Pourtant, je le sais. La peur m’empêche d’avancer. Certes les maladies n’aident pas mais je suis convaincue de pouvoir passer au dessus. Je dois avoir confiance en mon corps et mon mental. Je me suis prouvée plus d’une fois que j’étais capable de tout. Alors, j’appuie sur play.

La séance est challengeante. Elle est dans la lenteur et la respiration. Adriene répète que le plus dur est de se pointer sur le tapis. Elle a totalement raison. Une fois le temps écoulé, je m’aperçois que j’ai réussi à aller au bout. Je me félicite.

Forte de cette réussite, malgré les douleurs, je prends la décision d’aller patiner. Autrefois, l’état de mes jambes aurait induit que je reste tranquille. Et contre toute attente, je prends le choix opposé. Je n’ai pas envie d’attendre que ça passe pour profiter. Si je dois avoir mal, autant souffrir pour une raison louable.

Sur la glace, mes gestes ne sont pas aussi fluides que la fois précédente. J’entrevois mes limites. Je les accepte et compose avec. Je patine plus lentement. Par moment, je prends une légère vitesse, juste histoire de sentir le vent froid sur mes joues.

Quel belle journée, infinie.

Plus tard, au moment du coucher, mes pas malhabiles et douloureux m’offrent une perspective. Je suis reconnaissante de vivre.

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