Jour 51

La première chose qui parvient à mon esprit, en sortant du sommeil, c’est la peinture.

Je veux peindre.

Je me lève rapidement, vais faire ma séance de yoga. Je suis impatiente de vivre cette journée, tellement que je me retrouve très vite en pleine préparation de mon atelier. Sans me mentir, je ressens encore les difficultés dans mes jambes, surtout que le yoga réveille très vite les douleurs, mais ça m’est égale. Je ne laisserais pas mon objectif se faire miner.

Dehors, le temps me fait une blague. Le soleil est presque aussi fort qu’en été. Ça éveille clairement ma soif d’air frais. La non plus, je garde mon but en tête. On verra plus tard pour le reste.

J’enfile mon tablier et ressasse les idées que j’avais imaginé hier. C’est toujours un moment particulier, choisir les couleurs, les préparer, positionner la toile correctement et surtout, se lancer. En appliquant les pigments sur la toile, je dépose mon intention. Je ne cherche pas à faire du beau. Je recherche l’amusement, l’expérimentation, l’insouciance. Je peins avec des pinceaux, des spatules, le sèche-cheveux, une paille, mes doigts. Surtout mes doigts. Je joue avec les textures et les nuances. J’avance avec intuition, je m’accorde une pleine confiance. Et c’est assez particulier comme moment, c’est presque méditatif. Je ne pense à rien d’autre. J’expérimente et je ne suis que dans ce moment précis. Malgré que je sois debout, que j’ai mal d’être ainsi et que je ne sais pas combien de temps je vais tenir, tout ça passe au second plan. Je colore six toiles. Et ce n’est qu’en achevant la sixième que je comprends que j’en ai assez fait pour aujourd’hui. Je me sens satisfaite et là encore, je ne parle pas du visuel car si vous voulez mon avis, il n’est pas favorable. En revanche, qu’est-ce que je me sens bien et peut-importe si ça me coûte de faire du moche. La résultat est le sentiment de bien-être et il n’a pas de prix.

En fermant les tubes, je m’aperçois que je n’ai pas mangé. Je regarde par la fenêtre et je sais que le soleil ne tardera pas. Je dois admettre que je me sens encore plus rincée après ces quelques heures créatives. Avec toutes les teintes en tête, je me sens revitalisée. Je m’habille sur un coup de folie. En dix minutes, sans vraiment réfléchir, je suis dehors.

Je me dirige à mon endroit favori, au bord du lac. Arrivée sur les lieux, l’air glacé me mord. Il me rappelle que j’ai faim et froid. Je me dirige vers la petite cabane et m’achète un sachet de châtaignes grillées. J’embarque mon trésor et m’installe sur la pierre gelée. Je commence à décortiquer les précieux fruits, le regard vers l’horizon. Le soleil est clairement entrain de tirer sa révérence. A ce moment précis, je me rends compte que le bonheur ne tient à rien du tout. Une poignée de châtaignes, l’air froid sur mes joues, le soleil en spectacle et moi, contemplative.

Une fois ma collation terminée, je ne fais pas long feu. Je fais un rapide tour et rentre me réchauffer. Je commence à sentir que je vais bientôt basculer. Je sais pertinemment que j’ai peut-être dépassé mes limites aujourd’hui. Ça valait le coup, vu comme je suis joyeuse. Je n’ai pas peur de devoir affronter les quelconques conséquences.

Sur ces notes de courage et de légèreté, je clos ma journée.

4 commentaires sur « Jour 51 »

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