Jour 65 – Finalement !

Ce matin, j’émerge avec douceur. J’articule mon corps et sort de ce long repos avec légèreté. Je n’ose pas encore sauter de joie mais je sens une différence inexplicable. Est-ce que la dictature que la maladie impose proposerait une trêve? Je ne saurais l’affirmer, mais je sens un sentiment de paix, ne serait-ce que provisoire.

Alors, insouciante, je me dirige vers mon tapis de yoga. Je dévore chaque inspiration, je profite de chaque mouvement et ainsi, je me prépare à vivre cette belle journée. Je suis centrée et impatiente de savoir ce qu’elle va me réserver.

Après la pratique, j’observe pendant quelques instant la météo du jour. Il fait un temps clair et magnifique. Le soleil brille avec un goût d’été, la chaleur en moins. L’invitation du dehors est alléchante mais je préfère refuser pour le moment. J’admets avoir la crainte d’égarer mon énergie si précieuse, comme hier. A la place, je décide de faire un peu de couture.

J’enclenche la musique et m’installe sur la grande table. Mon imagination s’active aussi vite que l’aiguille de la machine. Mes petits doigts s’appliquent à être précis. Et de temps à autres, je ressens des pointes de douleurs, parcourant mes mains. Encore une fois, un légère crainte de déclencher une salve de mal pour la journée. Et je finis par me rassurer. Cette activité vaut le coup et si je dois en souffrir, ce n’est pas grave. Je ne dois pas laisser la peur m’arrêter. Alors pendant plusieurs heures, je réalise de petits ouvrages, le coeur léger et l’esprit distrait.

Il est passé midi lorsque je me dirige vers la cuisine. Je bricole un rapide repas et me sustente. J’ai une idée en tête. Je me suis concertée avec mon enveloppe corporelle et paraît-il que je pourrais envisager une balade. Il n’en faut pas plus pour me motiver. Alors, je mets mon manteau et rejoins le monde extérieur.

Je m’aperçois en chemin que le ciel s’est paré d’un manteau de nuage. Le soleil joue à cache-cache. Ça n’a pas d’importance.

Je vais en direction du lac, comme si j’avais besoin de le voir. J’ai envie d’entendre le son de l’eau et d’en prendre plein la vue. Une fois arrivée, je ne sais où donner du regard. Il y les montagnes que j’aperçois clairement avec leurs sommets enneigés. Elles définissent l’horizon avec grâce et fermeté. L’étendue d’eau est paisible et lorsque je m’approche de la rive, j’aperçois sa clarté. Je m’aventure sur les plages de galets, scrutant chaque caillou comme un trésor. J’admire les courageux canards, passant le temps dans cet eau si froide. Les détails sont infinis. En concentrant mon esprit sur la beauté de cet environnement, je ne sens pas la faiblesse s’installer, au creux de mes genoux. Je ne la sens que sur le chemin du retour.

En arrivant à la maison, je prépare une tisane pour me réchauffer et attrape une mandarine. C’est le moment idéal pour écrire. Je m’installe dans la chambre. En fond, les touches du piano résonne. Et sur mon clavier, les doigts défilent. Je prends ma revanche sur les jours passés. J’apprécie d’être et de vivre.

Le soir, je m’endors en rêvant l’espoir d’avoir encore plus de possibilités demain.

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