Allons en balade

Je vous emmène avec moi, au fil d’une de mes récentes balades, autour d’un petit lac dans le jura vaudois.

Ça commence par une flèche jaune, la première d’une longue suite. Derrière la végétation, je devine l’eau. C’est une journée venteuse, où j’aurais du mettre un bonnet, tellement le vent est coupant.

Je tente de m’approcher mais le bord est protégé naturellement. La nature sait préserver ses merveilles.

Plus loin, de petites embarcations attendent sagement qu’on les emprunte.

Le vent fait son travail et balaie le ciel afin que je puisse réchauffer mes joues. En suivant le chemin, mes pas s’éloignent de la berge pendant encore quelques mètres.

Le paysage est plus beau que dans mes rêves. J’apprécie la couleur des sapins, la nudité des arbres et les petites cabanes cachées dans les bois. Le tout, sous l’oeil bienveillant de ce lac.

À un moment, sur ma droite, une gigantesque paroi rocheuse fait son apparition. Je m’arrête le temps d’observer les détails. Le froid me secoue, pour que j’avance. Autrement, j’aurais pu passer l’après-midi à contempler les rochers.

Le soleil fait se fait manger par les nuages tandis que j’atteinds le village.

Le lac s’éloigne derrière moi et je repars, comme je suis venue, a une nuance près. Je me sens légère, ressourcée et simplement heureuse. C’est fou, la nature.

Lettre à toi

Photo de John-Mark Smith sur Pexels.com

C’est en rédigeant mon article sur mes plaisirs gustatifs du mois de février que j’ai ressenti le besoin de mettre bout à bout quelques mots concernant ce rapport si étrange que j’entretiens à la nourriture.

En faisant le bilan du mois écoulé, j’éprouve un sentiment contradictoire. Je suis non seulement heureuse d’avoir continuer à accorder une grande importance à me nourrir mais d’autant plus que je n’ai pas été aidée. La vérité, c’est que j’ai passé la moitié du mois malade et qu’à l’heure actuelle, ce n’est pas fini. Ayant une maladie touchant mon système digestif, cela faisait plusieurs mois que j’étais dans une phase plutôt stable. Février aura troqué la stabilité contre des nausées à la journée, des pertes d’appétit infinies et le ventre qui se tort à en pleurer. Par moment, je n’ai envie de rien avaler, le ventre tellement gonflé puis la seconde d’après, il me crie famine pourtant, tout me dégoute. Les crises sont devenues tellement discrètes ces derniers mois que j’avais oublié à quel point elles ont le pouvoir de gâcher mon quotidien, allant jusqu’à me réveiller la nuit.

Alors, chère maladie, promis, je sais que tu es là et je ne minimise pas tes capacités. Pouvons-nous retrouver un équilibre, il nous allait si bien, ne te souviens-tu pas? À l’heure où j’écris, je suis dégoutée par mes propres assiettes, tellement tu es sournoise. Car lorsque tu te déclenches, je perds l’envie de manger, pire même la nourriture me dégoute et m’effraie. Je ne sais plus comment nourrir ce corps qui rejette n’importe quel aliment que je lui offre. Je culpabilise à chaque bouchée pourtant nécessaire à ma survie. Tu conditionnes mon esprit à associer la nourriture à de la souffrance et ça, ce n’est pas correct de ta part.

Ce mois-ci, marqué par ton grand retour, j’ai décidé, malgré tes nombreux cris, de faire la sourde oreille. J’ai tenté de te faire taire en te montrant que mes choix alimentaires ne changeait rien à tes manifestations. Et j’avoue que tu sais te montrer aussi têtue que moi. Cependant, en continuant à me nourrir, à manger ce qu’il me plaît et même simplement en continuant à manger tout court, je tiens à te montrer que la responsable de tout ça, ce n’est pas moi. Je ne crée pas ce déséquilibre par mes choix, mes envies ou que sais-je. C’est toi, ma chère maladie qui me couvre de ton fléau et je t’accepte. J’attendrais patiemment que t’apaises à nouveau, qu’en mars peut-être ça ne soit qu’un mauvais souvenir. Je ferais ce qu’il faut pour ne pas entacher cette belle relation alimentaire que j’ai tenté de construire, sous prétexte que tu existes.

Par le passé, je trouve que tu as suffisamment guidé mes choix et ils ne m’ont pas été bénéfiques. À une certaine époque, tu m’as rendue tellement malade que je mangeais avec la peur des aliments. Je catégorisais les aliments en fonction des souffrances que je pensais qu’ils déclenchaient. Et toi, tapie dans l’ombre, tu te frottais les mains. Tu as pourri ma relation à la nourriture mais c’est du passé car aujourd’hui, j’ai compris ton jeu. Alors, ce n’est pas grave. Tu peux envoyer les symptômes, je les attends sagement mais saches une chose: je continuerais à manger comme je l’entends, sans diaboliser aucune bouchée. Lorsque je me recroquevillerais, en attendant que les salves se calment, je ne remettrais pas le contenu de mon assiette en compte car la seule responsable, c’est toi. Et je ne t’en veux pas. Au fond, tu fais parti de moi et tout ce que je souhaite, c’est continuer à apprendre à vivre avec toi et toutes nos colocataires. D’ailleurs, si vous pouviez vous coordonner, j’apprécierais mais j’en demande peut-être trop.

Je t’envoie toute ma tendresse, pour que tu t’apaises. Prends soin de toi, ça m’aidera aussi.

La nature

Ces derniers jours, alors que ma joie de vivre était en berne, la météo s’est adoucie. Et au fil de mes sorties, la nature s’est mise à me sourire pour me montrer les prémices des merveilles du printemps. Je me suis donc laisser porter, pour vivre différentes expériences.

Dans la forêt, j’ai trouvé un abris où me réfugier et écouter le chant des oiseaux. J’avais besoin de ça, sans le savoir.

Un autre jour, j’ai vu que les bourgeons se sont mis à éclore, un à un. J’ai observé les couleurs vives avec un oeil créatif. Toutes ces teintes m’ont donné envie de peindre. Affaire à suivre.

Au bord du lac, je me suis mise en maillot de bain et malgré les cinq degrés de l’eau, je me suis baignée la moitié du corps. Mes douleurs dans les jambes, plutôt fortes ces derniers jours, se sont apaisées. Figée par la température. Le plus surprenant dans cette tentative de baignade, en plein hiver, c’est qu’une fois en maillot de bain, je n’ai pas senti le froid. Pas une seconde. Pied nu, sur le métal et pourtant, je n’ai pas eu un seul frisson. La prochaine fois, c’est promis je me baignerais jusqu’au cou mais pour cette fois, la taille c’était suffisant.

Lors d’une de mes balades, j’ai beaucoup été attirée par les arbres. Gigantesques, majestueux et sages. Malgré qu’ils soient là depuis toujours, je ne me lasse jamais de les admirer mais qu’en est-il d’eux? Ils nous observent, nous regardent aller et venir. Et ce depuis bien longtemps. J’imagine soudainement être une toute petite fille gambadant sous l’oeil attentif de mes parents, à l’ombre de ces même arbres près desquels je marche couramment. En ont-ils parfois marre de nous voir? Se lassent-t-ils de nous? Un tas de pensées fascinantes, absurdes et nostalgiques m’envahissent.

Le meilleur moment de ma semaine a été lorsque j’ai éprouvé une immense joie en voyant sur mon balcon puis en balade, que timidement, les jonquilles ont fait leur retour annuel. Je ne saurais expliquer pourquoi ce sont mes fleurs préférées et peut-être, il n’y aucune raison à cela. Je savoure leur beauté éphémère avec bonheur.

Alors, cette semaine avait débuté sur une humeur maussade mais je peux affirmer que grâce à la magie de la nature, j’ai retrouvé la joie d’être. Doucement, au rythme de mes pas, des respirations profondes et des mes yeux ébahis devant cette beauté si simple. Le plaisir à portée de mains.

Posons les mots

Cette nuit laisse un goût désagréable. Réveillée par des douleurs après quatre minces heures de sommeil. Le défi a été de réussir à trouver un oasis d’apaisement, de m’y plonger et de retrouver le sommeil malgré les sensations douloureuses. Après deux heures d’éveil, je repars pour un temps avant de me lever définitivement.

L’état est instable mais il faut composer avec.

Je prends le temps d’émerger, d’offrir une tisane et un petit déjeuner à ce corps malmené. La séance de yoga est reportée à plus tard.

Avant que la foule ne s’amasse, je profite d’aller observer l’eau clair et de prendre quelques rayons de soleil.

En rentrant, je prends le temps d’écrire et je me dis qu’il est peut-être temps de poser certains mots. Depuis le début de mon blog, il s’en est passé des choses. Avoir ce lieu d’expression quotidien m’a permis de me structurer chaque jour, pour me reconstruire, dans ce passage tumultueux de vie. En me prenant ainsi par la main, j’ai construis un quotidien qui me ressemble. Ponctué de yoga, d’observation, de marche, d’écriture et de bienveillance à mon encontre. Grace à ce blog, j’ai eu la chance de rencontrer de superbes personnes, d’enrichir mes horizons et j’en suis ravie. J’ai redécouvert plein d’aspects de ma personnalité que j’avais oublié et j’ai gagné beaucoup de confiance face à ce corps capricieux. En commençant ce blog, je m’étais faite une promesse sans forcément calculer l’avenir. Comme pour beaucoup de mes choix, je ne décide jamais à l’avance où doit être le point final, en général, il se révèle par lui-même.

Alors non, je ne souhaite pas arrêter ce blog. Ce n’est pas mon but, je pense qu’il fait partie intégrante de cet équilibre quotidien. Cependant, ces derniers jours, et je pense que ça se ressent, c’est différent. Je ne pense pas avoir besoin d’une pause mais d’un rythme d’écriture différent. Je ne sais pas encore comment cela va se goupiller mais ce que je sais, c’est que ça va changer. Je n’ai plus besoin de compter les jours de ma nouvelle vie. Ce nouveau départ pris il y a plus de trois mois, m’offre une vie remplie de joie, de belles activités diverses et variées. J’ai toujours su faire preuve de souplesse dans mes actions et je viens désormais assouplir un peu mon rythme de publication. Enfin, je ne suis certaine de rien. Ce qui est certain, c’est que je vais continuer à écrire que ce soit ici ou dans mes projets personnels. Je vais continuer à partager mes pulsions de vie cependant, je ne veux juste plus décider quand.

Les mots sont posés et je peux désormais aller me reposer.

Jour 91 – Météo clémente

Je me tire d’un rêve flou, motivée par l’appel du yoga.

J’ai l’envie profonde de me mouvoir. L’envie qui vient du centre de mon être. Alors, je m’installe sur mon tapis de yoga. Je centre mon attention sur ma respiration et commence par des étirements lents et doux. L’esprit est réveillé mais le corps a besoin de temps. Je lui offre la permission de le prendre. Après de longues minutes, je me sens enfin prête à passer à la vitesse supérieure. Je me lance dans une salutation au soleil, parfaitement synchronisée avec mon souffle. Je suis pleinement centrée et ainsi, je vais enchaîner plusieurs salutations à ce soleil qui brille déjà bien haut dans le ciel. Je prends quelques variations, ça et là. Je ne décide pas où est censée se terminer la séance. Je vois la fin lorsque mon corps la ressent. C’est suffisant.

Par la suite, je vais en cuisine, ranger en musique la vaisselle de la veille et préparer un petit-déjeuner coloré.

Je griffonne quelques mots et en début d’après-midi, je pars à l’aventure du dehors. Dix degrés se sont ajoutés à ceux de l’hiver. En plein week-end avec un temps pareil, près du lac, c’est la cohue.

Alors, j’arpentes les rues délaissées, les chemins abandonnés. Et pour mon envie de marcher, ils n’ont rien à envier aux lieux bondé. La beauté se cache dans les ombres, le bitume irrégulier et la joie de découvrir. Prendre le temps de lézarder sur un banc et attraper la vitamine D pendant que les jambes se repose. Un bonheur.

Même passé dix-sept heure, le soleil perdure et donne une sensation estivale, malgré tout, il est temps pour moi de rentrer.

Ce soir, je profite de la douceur de vivre auprès des miens.

C’est une douce journée qui tire à sa fin.

Jour 90 – Mots en bernes

C’est une journée du quotidien. Humeur joyeuse et bon repas. Odeur de lessive et de gaufre. Moments avec des être chers et rêverie d’avenir. Simplicité de vivre, de rire et de bouger. Les douleurs en sourdine, la marche près du lac. Le soleil brille à m’en faire plisser les yeux. Un brin d’écriture, minuscule et du yoga pour étirer mes pensées.

Et un cliché pour résumé cette douce journée.

Jour 89 – Des reflets

Je sors de mon sommeil avec facilité et me rends sur mon tapis de yoga. Je pratique une séance courte mais stimulante et je quitte le tapis, bien éveillée. Après un petit-déjeuner rapidement avalé, je me prépare et sors.

Aujourd’hui, la météo est clémente. Le soleil de la veille est revenu, pour que je puisse avoir la chance d’en profiter, me dis-je. Je me rends chez ma thérapeute.

Après le rendez-vous, je me dirige vers le bord du lac. La météo est douce, les rayons du soleil caressent ma peau. Une balade où le temps n’a plus de valeur.

Le long des quais, un détail attire mon oeil. Je marque un arrêt pour observer la clarté de l’eau et la manière dont les bateaux reflètent leur image sur elle. Comme une image de synthèse, la tête à l’envers.

Ce spectacle, aussi banal soit-il, me régale.

Entre la simple beauté des embarcations et les couleurs chatoyantes sur l’eau, je suis comblée.

Plus loin, les cygnes et les canards s’amusent, entre ciel et lac.

Je continue ma route vers les quais réservés aux navires de croisières. Et je ne m’attendais pas à cette belle projection sur l’eau, majestueuse. Entre imaginaire et réalité, lequel est le vrai finalement? C’est à si perdre.

Les douze coups de midi sonneront bientôt tandis que le soleil est fixé au milieu de ce ciel.

Mon ventre me rappelle à l’ordre, pour rentrer.

Après le repas, je débute mon après-midi avec un rendez-vous.

Lorsque celui-ci s’achève, je décide d’écrire. Dernièrement, mes journées ont été bien remplie et je n’ai eu que très peu de temps à consacrer à cette passion. Je décide d’aller m’installer sur mon balcon, afin de profiter de cette météo, presque printanière. Les lunettes de soleil sont d’ailleurs de rigueur.

En fin de journée, je décide d’aller encore me dégourdir les jambes et de profiter, encore.

Je me rends aux abords d’un autre port. La luminosité est tempérée et le soleil persévère jusqu’au bout.

D’un côté le soleil scintille sans fin.

Et de l’autre, les montagnes se montrent fièrement. Offrant une dernière magie, avant la nuit.

Alors que le soleil nous dit ses adieux, je rebrousse chemin, pour tirer à mon tour, ma révérence.

Jour 87 – Des petits pas vers le bonheur

Sur mon balcon, une légère couche de neige persévère de la dernière tombée. L’émerveillement me gagne, lorsque j’aperçois les empreintes, sûrement celles d’un pigeon se promenant par-là.

Ce matin, le réveil sonne. Je me lève avec une paresse à rallonge et me recouche. Je regarde le temps et calcule combien je pourrais grappiller, pour rester le plus longtemps dans mon lit. J’étire et allonge chaque minute jusqu’au moment fatidique où il faut s’y mettre. Alors, avec lourdeur, je m’habille, me prépare, avale un petit truc et sors. La température glaciale des jours passés laisse enfin place à quelques degrés de plus. Je sens tout de suite la différence.

Ce matin, j’ai un rendez-vous médical.

En sortant du cabinet, je profite d’attraper cette magnifique vue.

Le rendez-vous m’a fatigué, j’ai besoin de me reposer. Alors, je prends le temps, encore.

Par la suite, je me motive à étudier le solfège. J’ai l’impression de faire des progrès chaque jours. Je termine par faire courir mes doigts sur le piano, en mélodie. Mon humeur studieuse me pousse a ranger ce qui à besoin de l’être, faire quelques paperasses puis, en récompense, je continue le jeu entamé la veille. L’enquête est vraiment passionnante, j’ai l’impression d’être dans la peau d’une enquêtrice au coeur d’un grand mystère.

Après le repas du soir, je regarde la flamme, une série complètement décalée et délirante. Les éclats de rires raisonnent dans l’obscurité du salon. Une journée s’achève, dans le bonheur, une fois de plus.

Jour 85 – De fleurs et de rêves

Ce matin, je m’empresse d’aller guetter si la neige est restée. La couche est fine mais elle est là. Le temps est gris et sec. Je décide d’aller pratique mon yoga matinale. Après quelques salutations au soleil, bien toniques, je prends le temps de fermer les yeux. Je visualise une belle journée qui m’attend et après quelques respirations lentes, je m’active!

C’est le ventre rempli et plusieurs couches de vêtements enfilés que je m’en vais. J’ai réservé un bouquet chez un fleuriste proche de chez moi, en passant par l’application TooGoodToGo. Je me réjouis d’avoir la surprise de découvrir ce qui m’attend. Pour m’y rendre, je me retrouve en difficulté car les trottoirs sont complètements recouverts de glace, en pente en plus. Alors, agilement, un pas après l’autre, je parviens à destination. Je récupère mon précieux arrangement floral.

Il est tellement grand que je ne parviens pas à le photographier dignement en entier. Chargée de ma trouvaille, payée à moins d’un quart de son prix initial, je me rends chez ma grand-maman. En cette période si compliquée, où on ne sait jamais autant peu vue, je sais que ce geste la remplira de joie. Et je ne me suis pas trompée, je lui ai apporté des fleurs qui font l’effet d’un soleil dans son lieu de vie. Elle est émerveillée et en retour, moi aussi.

Puis, je rentre chez moi, me préparer un repas pour le midi.

Cette après-midi, je vais continuer à nourrir un rêve gardé secret jusqu’ici. Je souhaiterais adopter une petite boule de poils qui deviendra grande. Je souhaiterais prendre un chiot et le voir grandir plus vite que l’éclair. J’aimerais avoir un compagnon de route, de balade. Alors, comme depuis plusieurs jours, je continue à me renseigner sur les différents aspects et moyens. Chaque recherche, chaque lecture vient nourrir et faire grandir ce souhait si profondément encré. Peut-être que bientôt, le rêve se réalisera.

Je prends légèrement le temps d’écrire, très peu inspirée puis, en fin de journée, je me rends chez un autre fleuriste. Deuxième bouquet à récupérer, pour trois fois rien. En arrivant là-bas, j’ai même le choix.

Ce soir, je partage le repas et la soirée avec ma famille à qui j’amène les fleurs. Des sourires illuminent nos visages dans la nuit.

Jour 81 – Aller au-delà de la peur

Photo de Bryan Geraldo sur Pexels.com

Je me lève avec facilité. Instinctivement, je reporte ma séance de yoga matinale à plus tard, comme si je savais qu’elle me serait plus bénéfique à un autre moment. Pourtant, ce qui me guide c’est l’écoute de mes besoins et à l’instant, je n’ai pas besoin de pratiquer. Alors, je vais prendre mon petit-déjeuner et boire ma tisane tranquillement.

Puis, pendant que le linge se lave, je vais m’atteler a repeindre un meuble. L’activité est plus physique que je ne l’imaginais. Tenir le rouleau de peinture et recouvrir ce meuble relève très vite du défi. Lorsque je dois ouvrir le pot de vernis, je suis confronté à une difficulté. J’ai beau tenter toutes les stratégies, ce pot ne veut pas s’ouvrir. J’y mets toute ma force et doucement, je commence à penser que je n’en ai pas assez. C’est au moment où je me dis qu’il n’y a plus d’espoir, qu’il réapparaît. Le pot s’ouvre et finalement, j’y ai mis tellement de force que j’ai percé le flacon. Comme quoi, finalement, je ne suis pas aussi faible que je ne le pensais. Il ne faut pas que je l’oublie.

Je vernis mon meuble, en inspirant et expirant en plein conscience. J’ai besoin d’amener des encouragements dans mes mains souffrantes. J’ai l’impression d’être entrain de pratiquer du yoga, tellement je dois me concentrer sur ma respiration pour que mon corps accepte les mouvements que je lui impose.

Puis, une fois terminé je m’installe pour écrire. Mes doigts sont raidis par les efforts de la matinée, alors je tente de ne pas faire bousculer les idées. Les mots viennent tout seuls, comme par magie.

Peu après midi, mon linge est enfin propre, mon meuble vernis et mon texte écrit. Je suis satisfaite et j’ai la sensation d’avoir vécue une journée condensée. Je m’installe dans le canapé et savoure mon repas. Par la suite, je m’accorde du temps de légèreté devant une série. J’avale quelques épisodes quand soudainement, j’ai l’âme d’entreprendre.

Aujourd’hui, j’aimerais reprendre un apprentissage que j’ai laissé tomber. Il y a un peu plus d’une année, j’ai investi dans un piano car je souhaitais apprendre. Durant mon enfance, j’avais appris le solfège ainsi que je jouais du xylophone et j’avais pu toucher quelques fois le piano. Malheureusement, en grandissant sans pratiquer, il ne me reste que des bribes. Et donc, il y a quelques mois, je m’étais convaincue de m’y remettre, motivée. C’était sans compter l’intervention de la maladie, qui agissait sournoisement, dans l’ombre. Quelques semaines plus tard, alors que je faisais des progrès en piano et en solfège, je tombais au plus bas. J’étais à bout de force et il était impensable de faire une quelquoncque activité. Faire défiler mes doigts sur les touches avaient commencé à déclencher de violentes crampes. Je ne parvenais même plus à prendre des objets dans mes mains. Alors comme pour tout le reste de ma vie à cette époque, j’ai abandonné. Dès lors, je vois tous les jours cet instrument. Il est en face d’une fenêtre offrant une magnifique vue. J’ai toujours apprécier m’installer là pour apprendre, jouer et me plonger dans ce monde à part. Alors, me voilà aujourd’hui sur mon tabouret face à mon piano. Je veux effacer ce goût d’échec malgré moi, je veux remplacer le souvenir de l’avoir abandonné par des notes dans les airs. C’est ainsi que je reprends mes leçons dès le début. Et doucement, ça revient. À la fin, j’écoute un morceau de classique pour clore ce moment musical. A demie-voix, je fais le souhait de revenir demain, reposer mes doigts sur les touches.

Forte de ce premier pas, je vais me préparer pour faire une séance de yoga. J’ai besoin d’extérioriser toute cette belle énergie. La séance va être tonique, challengeante et contre toute attente, je me dépasse.

J’ai la sensation que c’est un pas de plus vers le mieux être mais la vérité, c’est que je savoure l’instant. Je ne veux pas mieux que maintenant tellement je suis heureuse, épanouie et comblée. Je me satisfait de cette vie, différente et riche. Et c’est sur ces belles pensées que je m’endors.