La nature

Ces derniers jours, alors que ma joie de vivre était en berne, la météo s’est adoucie. Et au fil de mes sorties, la nature s’est mise à me sourire pour me montrer les prémices des merveilles du printemps. Je me suis donc laisser porter, pour vivre différentes expériences.

Dans la forêt, j’ai trouvé un abris où me réfugier et écouter le chant des oiseaux. J’avais besoin de ça, sans le savoir.

Un autre jour, j’ai vu que les bourgeons se sont mis à éclore, un à un. J’ai observé les couleurs vives avec un oeil créatif. Toutes ces teintes m’ont donné envie de peindre. Affaire à suivre.

Au bord du lac, je me suis mise en maillot de bain et malgré les cinq degrés de l’eau, je me suis baignée la moitié du corps. Mes douleurs dans les jambes, plutôt fortes ces derniers jours, se sont apaisées. Figée par la température. Le plus surprenant dans cette tentative de baignade, en plein hiver, c’est qu’une fois en maillot de bain, je n’ai pas senti le froid. Pas une seconde. Pied nu, sur le métal et pourtant, je n’ai pas eu un seul frisson. La prochaine fois, c’est promis je me baignerais jusqu’au cou mais pour cette fois, la taille c’était suffisant.

Lors d’une de mes balades, j’ai beaucoup été attirée par les arbres. Gigantesques, majestueux et sages. Malgré qu’ils soient là depuis toujours, je ne me lasse jamais de les admirer mais qu’en est-il d’eux? Ils nous observent, nous regardent aller et venir. Et ce depuis bien longtemps. J’imagine soudainement être une toute petite fille gambadant sous l’oeil attentif de mes parents, à l’ombre de ces même arbres près desquels je marche couramment. En ont-ils parfois marre de nous voir? Se lassent-t-ils de nous? Un tas de pensées fascinantes, absurdes et nostalgiques m’envahissent.

Le meilleur moment de ma semaine a été lorsque j’ai éprouvé une immense joie en voyant sur mon balcon puis en balade, que timidement, les jonquilles ont fait leur retour annuel. Je ne saurais expliquer pourquoi ce sont mes fleurs préférées et peut-être, il n’y aucune raison à cela. Je savoure leur beauté éphémère avec bonheur.

Alors, cette semaine avait débuté sur une humeur maussade mais je peux affirmer que grâce à la magie de la nature, j’ai retrouvé la joie d’être. Doucement, au rythme de mes pas, des respirations profondes et des mes yeux ébahis devant cette beauté si simple. Le plaisir à portée de mains.

Posons les mots

Cette nuit laisse un goût désagréable. Réveillée par des douleurs après quatre minces heures de sommeil. Le défi a été de réussir à trouver un oasis d’apaisement, de m’y plonger et de retrouver le sommeil malgré les sensations douloureuses. Après deux heures d’éveil, je repars pour un temps avant de me lever définitivement.

L’état est instable mais il faut composer avec.

Je prends le temps d’émerger, d’offrir une tisane et un petit déjeuner à ce corps malmené. La séance de yoga est reportée à plus tard.

Avant que la foule ne s’amasse, je profite d’aller observer l’eau clair et de prendre quelques rayons de soleil.

En rentrant, je prends le temps d’écrire et je me dis qu’il est peut-être temps de poser certains mots. Depuis le début de mon blog, il s’en est passé des choses. Avoir ce lieu d’expression quotidien m’a permis de me structurer chaque jour, pour me reconstruire, dans ce passage tumultueux de vie. En me prenant ainsi par la main, j’ai construis un quotidien qui me ressemble. Ponctué de yoga, d’observation, de marche, d’écriture et de bienveillance à mon encontre. Grace à ce blog, j’ai eu la chance de rencontrer de superbes personnes, d’enrichir mes horizons et j’en suis ravie. J’ai redécouvert plein d’aspects de ma personnalité que j’avais oublié et j’ai gagné beaucoup de confiance face à ce corps capricieux. En commençant ce blog, je m’étais faite une promesse sans forcément calculer l’avenir. Comme pour beaucoup de mes choix, je ne décide jamais à l’avance où doit être le point final, en général, il se révèle par lui-même.

Alors non, je ne souhaite pas arrêter ce blog. Ce n’est pas mon but, je pense qu’il fait partie intégrante de cet équilibre quotidien. Cependant, ces derniers jours, et je pense que ça se ressent, c’est différent. Je ne pense pas avoir besoin d’une pause mais d’un rythme d’écriture différent. Je ne sais pas encore comment cela va se goupiller mais ce que je sais, c’est que ça va changer. Je n’ai plus besoin de compter les jours de ma nouvelle vie. Ce nouveau départ pris il y a plus de trois mois, m’offre une vie remplie de joie, de belles activités diverses et variées. J’ai toujours su faire preuve de souplesse dans mes actions et je viens désormais assouplir un peu mon rythme de publication. Enfin, je ne suis certaine de rien. Ce qui est certain, c’est que je vais continuer à écrire que ce soit ici ou dans mes projets personnels. Je vais continuer à partager mes pulsions de vie cependant, je ne veux juste plus décider quand.

Les mots sont posés et je peux désormais aller me reposer.

Jour 89 – Des reflets

Je sors de mon sommeil avec facilité et me rends sur mon tapis de yoga. Je pratique une séance courte mais stimulante et je quitte le tapis, bien éveillée. Après un petit-déjeuner rapidement avalé, je me prépare et sors.

Aujourd’hui, la météo est clémente. Le soleil de la veille est revenu, pour que je puisse avoir la chance d’en profiter, me dis-je. Je me rends chez ma thérapeute.

Après le rendez-vous, je me dirige vers le bord du lac. La météo est douce, les rayons du soleil caressent ma peau. Une balade où le temps n’a plus de valeur.

Le long des quais, un détail attire mon oeil. Je marque un arrêt pour observer la clarté de l’eau et la manière dont les bateaux reflètent leur image sur elle. Comme une image de synthèse, la tête à l’envers.

Ce spectacle, aussi banal soit-il, me régale.

Entre la simple beauté des embarcations et les couleurs chatoyantes sur l’eau, je suis comblée.

Plus loin, les cygnes et les canards s’amusent, entre ciel et lac.

Je continue ma route vers les quais réservés aux navires de croisières. Et je ne m’attendais pas à cette belle projection sur l’eau, majestueuse. Entre imaginaire et réalité, lequel est le vrai finalement? C’est à si perdre.

Les douze coups de midi sonneront bientôt tandis que le soleil est fixé au milieu de ce ciel.

Mon ventre me rappelle à l’ordre, pour rentrer.

Après le repas, je débute mon après-midi avec un rendez-vous.

Lorsque celui-ci s’achève, je décide d’écrire. Dernièrement, mes journées ont été bien remplie et je n’ai eu que très peu de temps à consacrer à cette passion. Je décide d’aller m’installer sur mon balcon, afin de profiter de cette météo, presque printanière. Les lunettes de soleil sont d’ailleurs de rigueur.

En fin de journée, je décide d’aller encore me dégourdir les jambes et de profiter, encore.

Je me rends aux abords d’un autre port. La luminosité est tempérée et le soleil persévère jusqu’au bout.

D’un côté le soleil scintille sans fin.

Et de l’autre, les montagnes se montrent fièrement. Offrant une dernière magie, avant la nuit.

Alors que le soleil nous dit ses adieux, je rebrousse chemin, pour tirer à mon tour, ma révérence.

Jour 88 – Ça déménage ou presque!

Ce matin, je me réveille avec l’ambition des grands jours. La force et l’enthousiasme de profiter à fond ces prochaines heures. Comme une remise à nouveau. Je commence, comme toute bonne journée par du yoga.

Puis, j’ai pour projet de continuer ce que j’avance petit à petit depuis quelques temps. C’est-à-dire l’aménagement de mon lieu de vie. Je suis heureuse de mon chez-moi, mais j’ai le sens du détail, et peut-être un peu trop. Cependant, j’ai aussi le temps de repenser l’espace et de l’aménager du mieux possible. Le genre de détail que souvent, je me suis dit que ce serait mieux autrement, sans jamais agir.

Aujourd’hui est venu le jour d’agir. Je vais tenter une nouvelle disposition des meubles. Alors, sous l’effet de mes petits muscles, les meubles se mettent à danser. Les objets valsent d’une pièce à l’autre. Même la disposition des tableaux changent. Tout y passe. Et vu que j’y suis, je nettoie, on pourrait presque dire que je fais mon nettoyage de printemps, sans la saison. J’y passe la journée, sans vraiment voir le temps passer.

Ce n’est que lorsqu’il ne reste plus que la poubelle à sortir que je m’aperçois d’un détail. Le soleil s’en est allé et je n’ai pas pris le temps d’en profiter. Pour me consoler, la lune se montre. Et le ciel est décoré de teintes époustouflantes. Cette fois-ci, je saisis l’occasion d’observer ce ciel. Il peut paraître on ne peut plus banal pourtant, c’est suffisant pour remplir mon coeur de joie et m’aider à clôturer cette journée plus que productive.

Jour 87 – Des petits pas vers le bonheur

Sur mon balcon, une légère couche de neige persévère de la dernière tombée. L’émerveillement me gagne, lorsque j’aperçois les empreintes, sûrement celles d’un pigeon se promenant par-là.

Ce matin, le réveil sonne. Je me lève avec une paresse à rallonge et me recouche. Je regarde le temps et calcule combien je pourrais grappiller, pour rester le plus longtemps dans mon lit. J’étire et allonge chaque minute jusqu’au moment fatidique où il faut s’y mettre. Alors, avec lourdeur, je m’habille, me prépare, avale un petit truc et sors. La température glaciale des jours passés laisse enfin place à quelques degrés de plus. Je sens tout de suite la différence.

Ce matin, j’ai un rendez-vous médical.

En sortant du cabinet, je profite d’attraper cette magnifique vue.

Le rendez-vous m’a fatigué, j’ai besoin de me reposer. Alors, je prends le temps, encore.

Par la suite, je me motive à étudier le solfège. J’ai l’impression de faire des progrès chaque jours. Je termine par faire courir mes doigts sur le piano, en mélodie. Mon humeur studieuse me pousse a ranger ce qui à besoin de l’être, faire quelques paperasses puis, en récompense, je continue le jeu entamé la veille. L’enquête est vraiment passionnante, j’ai l’impression d’être dans la peau d’une enquêtrice au coeur d’un grand mystère.

Après le repas du soir, je regarde la flamme, une série complètement décalée et délirante. Les éclats de rires raisonnent dans l’obscurité du salon. Une journée s’achève, dans le bonheur, une fois de plus.

Jour 82 – Dans la lenteur

Le réveil me tire littéralement de mon sommeil. C’est un matin sans, je crois. J’ai envie de m’enterrer plus profondément dans ma couverture et d’y rester pour la journée.

Malgré tout, je sais que ça ne me sera pas bénéfique alors je me lève, lentement.

Avec l’habitude, je me retrouve sur mon tapis de yoga. Pourtant, ce matin je ressens au plus profond de mon corps que j’ai énormément bougé ces derniers jours et qu’il serait préférable de ralentir. Je prends une dizaine de minutes pour m’asseoir en tailleur, fermer les yeux et ne surtout pas me rendormir. Non, je vais méditer.

Les idées un peu plus clair mais le corps en pleine paresse, je savoure mon petit-déjeuner. J’ai un rendez-vous chez ma thérapeute, dans peu de temps et je décide que ce sera mon unique objectif pour la journée.

Je me prépare et me rends donc à mon rendez-vous. Cette nuit, sans que je ne le sache, la neige est tombée. Malheureusement, elle a été suivie de prêt par la pluie. Alors, lorsque je me retrouve dehors, le sol est simplement mouillé. Il fait un froid sans plus. Je me questionne sur mon envie de marcher et me raisonne. Techniquement ça pourrait me faire du bien mais ce que mon corps réclame, c’est tout l’inverse. Je dois l’écouter. Alors, en sortant du cabinet, je rentre tout droit, à la maison.

En passant la porte, une idée illumine mon esprit. Je me dirige vers mon piano, pour reprendre l’apprentissage. Ma capacité de concentration est moins bonne que la veille, sûrement dû à mon état du jour. Malgré tout, je prends le temps de bien comprendre les notions de solfège et je me rends bien compte qu’au de la de mon corps, il y aussi ma tête qui est fatiguée. Je comprends, j’ai tendance à demander chaque jour un peu plus à ce corps. Alors, dès le moment où je m’aperçois que je suis dans le brouillard, je décide de clore la session. Il ne sert à rien de m’imposer un apprentissage intensif, si c’est pour m’en dégouter. Je veux aller à mon rythme. Comme hier, j’écoute un morceau de piano, afin de conclure. Mon chouchou du moment est le suivant.

Après mon repas de midi, je vais passer beaucoup de temps à somnoler. Le repos m’appelle et nous discutons pendant des heures.

Ce n’est que vers les dix-sept heures qu’un regain d’énergie inespéré va faire son apparition. J’avance soudainement plusieurs tâches banales que je procrastinais. Je vais finir par écrire de manière prolifique à mon goût malgré que mes yeux commencent à réellement brûler. Je pense que je ne me suis pas encore remise de ma récente crise. Patience.

Ce soir, je regarde un joli film. La journée s’achève paisiblement.

Jour 81 – Aller au-delà de la peur

Photo de Bryan Geraldo sur Pexels.com

Je me lève avec facilité. Instinctivement, je reporte ma séance de yoga matinale à plus tard, comme si je savais qu’elle me serait plus bénéfique à un autre moment. Pourtant, ce qui me guide c’est l’écoute de mes besoins et à l’instant, je n’ai pas besoin de pratiquer. Alors, je vais prendre mon petit-déjeuner et boire ma tisane tranquillement.

Puis, pendant que le linge se lave, je vais m’atteler a repeindre un meuble. L’activité est plus physique que je ne l’imaginais. Tenir le rouleau de peinture et recouvrir ce meuble relève très vite du défi. Lorsque je dois ouvrir le pot de vernis, je suis confronté à une difficulté. J’ai beau tenter toutes les stratégies, ce pot ne veut pas s’ouvrir. J’y mets toute ma force et doucement, je commence à penser que je n’en ai pas assez. C’est au moment où je me dis qu’il n’y a plus d’espoir, qu’il réapparaît. Le pot s’ouvre et finalement, j’y ai mis tellement de force que j’ai percé le flacon. Comme quoi, finalement, je ne suis pas aussi faible que je ne le pensais. Il ne faut pas que je l’oublie.

Je vernis mon meuble, en inspirant et expirant en plein conscience. J’ai besoin d’amener des encouragements dans mes mains souffrantes. J’ai l’impression d’être entrain de pratiquer du yoga, tellement je dois me concentrer sur ma respiration pour que mon corps accepte les mouvements que je lui impose.

Puis, une fois terminé je m’installe pour écrire. Mes doigts sont raidis par les efforts de la matinée, alors je tente de ne pas faire bousculer les idées. Les mots viennent tout seuls, comme par magie.

Peu après midi, mon linge est enfin propre, mon meuble vernis et mon texte écrit. Je suis satisfaite et j’ai la sensation d’avoir vécue une journée condensée. Je m’installe dans le canapé et savoure mon repas. Par la suite, je m’accorde du temps de légèreté devant une série. J’avale quelques épisodes quand soudainement, j’ai l’âme d’entreprendre.

Aujourd’hui, j’aimerais reprendre un apprentissage que j’ai laissé tomber. Il y a un peu plus d’une année, j’ai investi dans un piano car je souhaitais apprendre. Durant mon enfance, j’avais appris le solfège ainsi que je jouais du xylophone et j’avais pu toucher quelques fois le piano. Malheureusement, en grandissant sans pratiquer, il ne me reste que des bribes. Et donc, il y a quelques mois, je m’étais convaincue de m’y remettre, motivée. C’était sans compter l’intervention de la maladie, qui agissait sournoisement, dans l’ombre. Quelques semaines plus tard, alors que je faisais des progrès en piano et en solfège, je tombais au plus bas. J’étais à bout de force et il était impensable de faire une quelquoncque activité. Faire défiler mes doigts sur les touches avaient commencé à déclencher de violentes crampes. Je ne parvenais même plus à prendre des objets dans mes mains. Alors comme pour tout le reste de ma vie à cette époque, j’ai abandonné. Dès lors, je vois tous les jours cet instrument. Il est en face d’une fenêtre offrant une magnifique vue. J’ai toujours apprécier m’installer là pour apprendre, jouer et me plonger dans ce monde à part. Alors, me voilà aujourd’hui sur mon tabouret face à mon piano. Je veux effacer ce goût d’échec malgré moi, je veux remplacer le souvenir de l’avoir abandonné par des notes dans les airs. C’est ainsi que je reprends mes leçons dès le début. Et doucement, ça revient. À la fin, j’écoute un morceau de classique pour clore ce moment musical. A demie-voix, je fais le souhait de revenir demain, reposer mes doigts sur les touches.

Forte de ce premier pas, je vais me préparer pour faire une séance de yoga. J’ai besoin d’extérioriser toute cette belle énergie. La séance va être tonique, challengeante et contre toute attente, je me dépasse.

J’ai la sensation que c’est un pas de plus vers le mieux être mais la vérité, c’est que je savoure l’instant. Je ne veux pas mieux que maintenant tellement je suis heureuse, épanouie et comblée. Je me satisfait de cette vie, différente et riche. Et c’est sur ces belles pensées que je m’endors.

Jour 80 – La beauté du quotidien

En sortant du sommeil, première constatation du jour: mes yeux vont mieux. C’est un réel soulagement.

Je me lève, le coeur léger et me dirige vers mon tapis de yoga. Quelques salutations au soleil s’enchaînent et je me sens plus apaisée et forte que jamais.

Je passe par la cuisine, me prépare mon habituel petit-déjeuner et ma tisane. J’ai tout pour bien commencer. Pendant que je mange, je songe aux possibilités qui s’offrent à moi. J’observe ce qui m’entoure en m’attardant sur l’horizon, par la fenêtre. Le ciel clair est balayé de nuage qui ne font pas long feu. Le vent souffle et siffle dans mes fenêtres. Le soleil, lui, joue à cache-cache. Puis, je sors de mon admiration pour la météo, rattrapée par des pensées du quotidien. Un brin de ménage s’impose.

Les conditions sont réunies, je me sens tonique et prête à accomplir des merveilles.

Alors, la magie des tâches du quotidien s’invite. Je fais la poussière, j’aspire, je range et j’épure. Chaque objet retrouve une place, une fonction. Ça brille, ça sent bon.

Vers midi, je m’aperçois que le chantier est titanesque et m’accorde une pause repas. Au même temps que je cuisine, je profite d’avancer le rangement et le nettoyage de la cuisine. Puis, la pause s’impose.

Dehors, la météo est toujours aussi alléchante, à tel point que je commence à me fixer un objectif. Plus vite je finis mon nettoyage, plus vite les rayons du soleil caresseront ma peau.

Alors, je me mets en marche et très vite je vois le bout. Je prends une douche finale, afin de me débarrasser de la poussière et me voilà prête à aller savourer l’extérieure.

Mon choix de balade ressemble aux autres jours. Le bord du lac, souvent depuis le même point de départ. Pourtant, le lieu a beau être le même, chaque promenade a une saveur différente. Aujourd’hui le temps est sec et froid. Malgré cela, les rayons du soleil réchauffe ma peau, à travers mes vêtements. Cependant, je cache consciencieusement mes mains dans mes poches, en lieu sûr.

La première chose qui m’attire vient d’en haut. Le ciel est encore plus beau que depuis ma fenêtre et le soleil trône dans au centre de ce spectacle.

Mes pas me guident au bout d’une large digue. J’ai l’impression que quelque chose s’y produit. Je me rapproche, toujours plus de l’eau.

Là, le vent s’intensifie et tente de me faire rebrousser chemin. Il est si puissant qu’il me balaierais presque d’un revers. Les yeux émerveillés, j’assiste au déchaînement de l’eau, puissant.

Je ne me risque pas à m’approcher plus du bord, tellement l’eau froide est menaçante. Je profite de la sensation du vent, de la musique de l’eau et me ressource.

Puis je reprends ma route, longeant la côte. Plus loin, les vagues témoignes d’un lac qui se voudrait mer, pour une journée.

Au loin, les montagnes entourant cette belle étendue d’eau douce s’admire les unes entre elles. C’est un défilé de beauté naturelle.

Ma balade s’achève, sur ce coin d’eau où les canards se réfugient, à l’abris des grosses vagues. Ils sont tous réunis, profitant du calme que la digue leur procure.

En arrivant à la maison, je me prépare un thé et vais m’installer pour écrire. Je suis heureuse de pouvoir poser les maux et les joies de la veille. Je mets mes idées aux clairs, jusqu’à ce que le soleil s’en aille.

J’achève cette journée, sur un film. Dans mon enfance, j’ai souvent regardé Le jardin secret, adapté du livre de Frances Hodgson Burnett. Et récemment, j’ai appris l’existence d’une nouvelle adaptation que je m’empresse de regarder, avec nostalgie. Il m’a porté et touché tout autant que lorsque j’étais petite et je suis heureuse de pouvoir le voir avec mon regard d’adulte. C’est une journée d’une douceur sans fin.

Jour 79 – Aller de l’avant

Je m’éveille, sereinement. Mon corps me paraît reposé mais un détail attire mon attention. Ça vient de mes yeux. À peine je les ouvre qu’ils brûlent. Malgré les gouttes de la veille, le sommeil et les paupières closes, ils sont en feu.

Je me lève malgré tout, pensant qu’après encore quelques gouttes, cela passera. Je prépare une tisane, une fournée de yoghourt qui seront prêts dans une dizaine d’heures et me voilà partie vers le salon.

Mon tapis de yoga m’attendait. Ce matin, je suis une vidéo d’Adriene. La séance commence en douceur, réveillant mon corps et faisant taire les sensations désagréables. Puis, les postures s’enchaînent et s’intensifient. Je ne vois pas l’heure passer. Je me sens pleinement centrée et prête à profiter de cette magnifique journée.

Je vais me préparer un petit déjeuner et ensuite, je décide d’écrire. J’aimerais terminer l’article pour pouvoir le publier mais c’est sans compter mes yeux. Ils se rebellent et s’immolent. Je sors ma panoplie de gouttes et collyres mais rien n’y fait. Alors, je pose rapidement mes mots, le strict minimum, je ne relis même pas et j’abandonne. C’est trop douloureux et impossible d’écrire les yeux fermés.

Je tente d’aller préparer des compresses chaudes que je dépose délicatement sur mes paupières. Puis, j’instille encore une goutte dans chaque oeil et vais m’installer dans le canapé. J’ai l’impression que l’astuce des compresses a fonctionné. Je retrouve un confort mais de courte durée. Quel calvaire.

J’ai souvent les yeux secs, qui me brûlent, tirent et j’en passe. Pourtant, une crise aussi forte, dès le réveil, je n’en avais jamais connue. Ce n’est même pas une histoire de fatigue car je me sens en pleine forme. La situation est un peu rageante mais malgré tout, je fais preuve d’un calme olympien. Autrefois, je me serais peut-être énervée contre ce corps détraqué. Mais, à l’heure actuelle, j’ai appris à accepter les aléas de ce quotidien pas comme les autres. Il me demande de me réinventer chaque jour. Comme si chaque jour, j’avais un nouveau corps avec de nouvelles conditions. Instinctivement, désormais, je ne me lamente plus mais je vais directement vers les solutions. Je vais de l’avant.

Dehors, j’aperçois la grisaille et même si le soleil est caché sous une épaisse couche de nuage, je n’en peux plus d’avoir les yeux ouverts. Je les ferme à la moindre occasion et les plisse. Et soudainement, une idée un peu surprenante me vient en tête. Et si je remplace mes lunettes de vue par mes lunettes de soleil, j’aurais moins de luminosité, ça sera ça de gagné. Un peu honteuse d’en arriver à cette idée, je pars chercher mes lunettes. Le soulagement est immédiat. Mes yeux restent inconfortables mais je peux désormais les ouvrir un peu plus longtemps.

Avec ce sens entravé, je vais passer une partie de la journée à écouter des podcasts. J’avais envie de coudre, de regarder des films et d’écrire mais je remets à plus tard. Je n’ai pas spécialement le choix mais ce n’est pas l’important.

Au moment de me cuisiner une soupe, je dois admettre que c’est comique. Je ferme souvent longuement les yeux, pour apaiser le mal mais je ne suis pas sûre de maîtriser ma cuisine les yeux fermés. Et c’est à ce moment précis que je me rends compte le fabuleux travail que font mes yeux. Malgré les difficultés d’aujourd’hui, je les chéris et estime pleinement toute la chance que j’ai d’en avoir encore l’utilisation. Je les remercie mille fois, dans ce moment délicat et leur envoie tout mon amour. J’ai une pensée d’admiration (est-ce que je peux me permettre de le penser et de l’écrire?!) envers toutes les personnes malvoyantes.

Une fois ma soupe prête, je la savoure, toujours les yeux clos. Les sensations sont différentes et j’ai toute ma conscience sur ce qui se déroule dans ma bouche. Une explosion de textures, de saveurs. Je déguste lentement mon bol.

Puis, malgré les podcasts, je rencontre un peu l’ennui. J’avais imaginé avoir une journée plus active mais je ne sais pas fonctionner sans mes yeux. J’analyse mon corps et mes possibilités et je constate que je suis pleine d’énergie. Alors, je m’habille et pars prendre l’air. Si je n’ai pas la vue, j’ai la marche.

Une fois arrivée dehors, la luminosité s’intensifie, malgré mes lunettes de soleil toujours présentes sur mon nez. Et le vent. Je n’ai pas calculé les obstacles que je pourrais rencontrer. Le vent froid souffle sous mes verres et vient limer mes pupilles. Quel supplice. Pendant quelques minutes, je songe à abandonner la promenade jusqu’à ce que je prends une ruelle que je n’avais jamais emprunté. Et surprise, le vent ne sévit pas dans cette petite rue. Alors, je continue ma route.

J’avance au hasard, en fermant soigneusement les paupière dès que je le peux. Je soulève bien mes pieds, afin de ne pas buter contre une irrégularité du sol et ainsi, je vais de l’avant. En arrivant devant cette descente, je me questionne sur mes capacités. Pour moi, ces derniers temps, le plus dur a toujours été de descendre. C’est un exercice très challengeant et la pente est sacrément raide. Je n’ai aucune idée d’où mène ce chemin verdit mais je décide de laisser le destin choisir. J’avance.

En atteignant le point le plus bas, j’atterris au milieu d’une petite forêt avec une rivière. Je n’aurais jamais imaginé tomber sur une surprise pareille. Je prends hasardeusement un cliché et reste à écouter le son de l’eau. Je clos mes paupière, accoudée à la rambarde du pont et profite de reposer mes jambes. Après la descente, il y a toujours une montée.

J’entame la monté, tout aussi raide. Plus j’avance et plus je distrais ma tête des sensations désagréables. La promenade me fait un bien fou. Ce n’est qu’au moment de rentrer, que de derrière mes lunettes de soleil, j’entrevois des contrastes dans le ciel. Je les capture, pour pouvoir mieux les admirer plus tard. Ils étaient plus spectaculaire en vrai qu’en image. Tans pis.

Par un autre chemin, je retrouve la route de la maison. Je suis soulagée d’avoir pu aller mettre mon corps en mouvements. Certes, je n’ai pas pu observer tous les détails de ma balade, comme je le fais d’habitude. Pourtant, cette fois, j’ai perçu d’autres choses. J’ai porté mon attention sur les odeurs, les sensations de chaleur et de fraîcheur ainsi que les sons m’entourant. C’était différent de d’habitude mais tout aussi riche.

Ce soir, je vais continuer mes podcasts et m’endormir paisiblement. Ce fut une belle journée malgré les difficultés rencontrées.

Jour 78 – La vie en jaune

Ce matin, en sortant de ma sombre chambre, je suis éblouie par une luminosité anormale. Tellement inhabituelle que j’en viens à me demander si je n’ai pas laissé une lumière allumée durant la nuit. Je lève mes yeux brumeux jusqu’au plafond et à ma grande surprise, le luminaire est éteint. Puis, mes yeux vont vers la fenêtre et j’observe cette épaisse brume jaunâtre. Elle projet sur mon habitat une lumière particulière.

Ensuite, je vais me laisser le temps d’émerger. Et lorsque je me sens suffisamment éveillée, je me dirige vers mon tapis de yoga. Ce matin, j’ai envie de pratiquer mais sans devoir réellement réfléchir. Alors, je retourne vers Adriene, ma professeur de yoga préférée et ces vidéos. La séance est pleine de vitalité et de douceur. Parfaite pour commencer le week-end.

A la fin de celle-ci, je vais me préparer un petit-déjeuner que je savoure en regardant cette météo si particulière. Puis, en parcourant le journal, je comprends. Pour la faire brève, le vent a transporté des particules très fine venant du Sahara, jusqu’ici. (plus d’explications par ici)

Ma table d’extérieure en témoigne. Les éléments ne connaissent ni les frontières, ni les pandémie. Ils sont libres d’aller et venir et aujourd’hui, ils nous ramènent un petit peu de sable d’ailleurs. Ça m’émerveille.

Je trouve le phénomène majestueux et poétique. Il paraît que cela se produit plusieurs fois par année. Cette constatation me permet de me rendre compte que je n’y avais jamais prêté attention jusqu’à aujourd’hui. Et deuxième constatation, je n’ai jamais été autant connectée à la nature qu’aujourd’hui et je suis heureuse de le découvrir. Je me laisse beaucoup plus porter et influencer par les saisons et ses merveilles. C’est un bonheur constant pourtant si différent d’un jour à l’autre. Une source inépuisable de joie.

Partant de toutes ces pensées, il est clair dans mon esprit que je dois aller dehors. Déjà car je n’ai pas beaucoup marché depuis deux jours mais surtout car j’ai besoin d’air frais. La pluie ocre ne m’effraie pas une seconde. Alors je prépare un thé, des mandarines et me voilà partie à l’aventure de cette journée jaune.

Depuis la rue, l’ambiance paraît moins jaunie que depuis ma fenêtre. Ce n’est que dans certaines perpectives que je me rends compte de la nuance particulière. Finalement, la pluie se retient et moi, je me dirige vers le lac. De prime abord, la température me paraît douce. Puis, doucement le froid me gagne. Alors, je me balade en longeant la douce étendue d’eau.

Le soleil tente de percer ce nuage jaune et offre un spectacle surprenant. Les photos ont naturellement un effet de filtre. Sur les rochers, une fine couche de poussière s’est déposée.

Par moment, je continue à me laisser surprendre par ce paysage. L’eau si claire d’habitude me paraît complètement opaque. Elle reflète les rayons du soleil tant bien que mal et se pare d’une teinte pétrolière.

Malgré le grand nombre de promeneurs, la balade est fantastique. Je me sens réchauffée par mes pas et je rentre, peu avant le coucher du soleil.

Sur le chemin du retour, je sens le contre coup. Des douleurs m’attaquent de toutes parts et une fois arrivée à la maison, je suis contrainte à m’allonger. J’attends qu’elles s’estompent et dès que je sens une seconde de répit, je réunis mon corps tout entier et vais me plonger dans un bain chaud.

Je vais y passer plus d’une heure.

Complètement relaxée, les douleurs apaisées, je me prévois une soirée film. C’était sans compter un paramètre que je n’avais pas calculé. La poussière de la journée a asséchée mes yeux, déjà secs en temps normal. Et ce soir, je ne suis presque plus capable de garder les yeux ouverts sans qu’ils me brûlent. Je ne regrette en rien mon excursion malgré que j’en paie le prix. Je tente tant bien que mal de suivre le film, malgré mes paupières closes. Et finalement, je sombre dans le sommeil.