La nature

Ces derniers jours, alors que ma joie de vivre était en berne, la météo s’est adoucie. Et au fil de mes sorties, la nature s’est mise à me sourire pour me montrer les prémices des merveilles du printemps. Je me suis donc laisser porter, pour vivre différentes expériences.

Dans la forêt, j’ai trouvé un abris où me réfugier et écouter le chant des oiseaux. J’avais besoin de ça, sans le savoir.

Un autre jour, j’ai vu que les bourgeons se sont mis à éclore, un à un. J’ai observé les couleurs vives avec un oeil créatif. Toutes ces teintes m’ont donné envie de peindre. Affaire à suivre.

Au bord du lac, je me suis mise en maillot de bain et malgré les cinq degrés de l’eau, je me suis baignée la moitié du corps. Mes douleurs dans les jambes, plutôt fortes ces derniers jours, se sont apaisées. Figée par la température. Le plus surprenant dans cette tentative de baignade, en plein hiver, c’est qu’une fois en maillot de bain, je n’ai pas senti le froid. Pas une seconde. Pied nu, sur le métal et pourtant, je n’ai pas eu un seul frisson. La prochaine fois, c’est promis je me baignerais jusqu’au cou mais pour cette fois, la taille c’était suffisant.

Lors d’une de mes balades, j’ai beaucoup été attirée par les arbres. Gigantesques, majestueux et sages. Malgré qu’ils soient là depuis toujours, je ne me lasse jamais de les admirer mais qu’en est-il d’eux? Ils nous observent, nous regardent aller et venir. Et ce depuis bien longtemps. J’imagine soudainement être une toute petite fille gambadant sous l’oeil attentif de mes parents, à l’ombre de ces même arbres près desquels je marche couramment. En ont-ils parfois marre de nous voir? Se lassent-t-ils de nous? Un tas de pensées fascinantes, absurdes et nostalgiques m’envahissent.

Le meilleur moment de ma semaine a été lorsque j’ai éprouvé une immense joie en voyant sur mon balcon puis en balade, que timidement, les jonquilles ont fait leur retour annuel. Je ne saurais expliquer pourquoi ce sont mes fleurs préférées et peut-être, il n’y aucune raison à cela. Je savoure leur beauté éphémère avec bonheur.

Alors, cette semaine avait débuté sur une humeur maussade mais je peux affirmer que grâce à la magie de la nature, j’ai retrouvé la joie d’être. Doucement, au rythme de mes pas, des respirations profondes et des mes yeux ébahis devant cette beauté si simple. Le plaisir à portée de mains.

Jour 89 – Des reflets

Je sors de mon sommeil avec facilité et me rends sur mon tapis de yoga. Je pratique une séance courte mais stimulante et je quitte le tapis, bien éveillée. Après un petit-déjeuner rapidement avalé, je me prépare et sors.

Aujourd’hui, la météo est clémente. Le soleil de la veille est revenu, pour que je puisse avoir la chance d’en profiter, me dis-je. Je me rends chez ma thérapeute.

Après le rendez-vous, je me dirige vers le bord du lac. La météo est douce, les rayons du soleil caressent ma peau. Une balade où le temps n’a plus de valeur.

Le long des quais, un détail attire mon oeil. Je marque un arrêt pour observer la clarté de l’eau et la manière dont les bateaux reflètent leur image sur elle. Comme une image de synthèse, la tête à l’envers.

Ce spectacle, aussi banal soit-il, me régale.

Entre la simple beauté des embarcations et les couleurs chatoyantes sur l’eau, je suis comblée.

Plus loin, les cygnes et les canards s’amusent, entre ciel et lac.

Je continue ma route vers les quais réservés aux navires de croisières. Et je ne m’attendais pas à cette belle projection sur l’eau, majestueuse. Entre imaginaire et réalité, lequel est le vrai finalement? C’est à si perdre.

Les douze coups de midi sonneront bientôt tandis que le soleil est fixé au milieu de ce ciel.

Mon ventre me rappelle à l’ordre, pour rentrer.

Après le repas, je débute mon après-midi avec un rendez-vous.

Lorsque celui-ci s’achève, je décide d’écrire. Dernièrement, mes journées ont été bien remplie et je n’ai eu que très peu de temps à consacrer à cette passion. Je décide d’aller m’installer sur mon balcon, afin de profiter de cette météo, presque printanière. Les lunettes de soleil sont d’ailleurs de rigueur.

En fin de journée, je décide d’aller encore me dégourdir les jambes et de profiter, encore.

Je me rends aux abords d’un autre port. La luminosité est tempérée et le soleil persévère jusqu’au bout.

D’un côté le soleil scintille sans fin.

Et de l’autre, les montagnes se montrent fièrement. Offrant une dernière magie, avant la nuit.

Alors que le soleil nous dit ses adieux, je rebrousse chemin, pour tirer à mon tour, ma révérence.

Jour 88 – Ça déménage ou presque!

Ce matin, je me réveille avec l’ambition des grands jours. La force et l’enthousiasme de profiter à fond ces prochaines heures. Comme une remise à nouveau. Je commence, comme toute bonne journée par du yoga.

Puis, j’ai pour projet de continuer ce que j’avance petit à petit depuis quelques temps. C’est-à-dire l’aménagement de mon lieu de vie. Je suis heureuse de mon chez-moi, mais j’ai le sens du détail, et peut-être un peu trop. Cependant, j’ai aussi le temps de repenser l’espace et de l’aménager du mieux possible. Le genre de détail que souvent, je me suis dit que ce serait mieux autrement, sans jamais agir.

Aujourd’hui est venu le jour d’agir. Je vais tenter une nouvelle disposition des meubles. Alors, sous l’effet de mes petits muscles, les meubles se mettent à danser. Les objets valsent d’une pièce à l’autre. Même la disposition des tableaux changent. Tout y passe. Et vu que j’y suis, je nettoie, on pourrait presque dire que je fais mon nettoyage de printemps, sans la saison. J’y passe la journée, sans vraiment voir le temps passer.

Ce n’est que lorsqu’il ne reste plus que la poubelle à sortir que je m’aperçois d’un détail. Le soleil s’en est allé et je n’ai pas pris le temps d’en profiter. Pour me consoler, la lune se montre. Et le ciel est décoré de teintes époustouflantes. Cette fois-ci, je saisis l’occasion d’observer ce ciel. Il peut paraître on ne peut plus banal pourtant, c’est suffisant pour remplir mon coeur de joie et m’aider à clôturer cette journée plus que productive.

Jour 87 – Des petits pas vers le bonheur

Sur mon balcon, une légère couche de neige persévère de la dernière tombée. L’émerveillement me gagne, lorsque j’aperçois les empreintes, sûrement celles d’un pigeon se promenant par-là.

Ce matin, le réveil sonne. Je me lève avec une paresse à rallonge et me recouche. Je regarde le temps et calcule combien je pourrais grappiller, pour rester le plus longtemps dans mon lit. J’étire et allonge chaque minute jusqu’au moment fatidique où il faut s’y mettre. Alors, avec lourdeur, je m’habille, me prépare, avale un petit truc et sors. La température glaciale des jours passés laisse enfin place à quelques degrés de plus. Je sens tout de suite la différence.

Ce matin, j’ai un rendez-vous médical.

En sortant du cabinet, je profite d’attraper cette magnifique vue.

Le rendez-vous m’a fatigué, j’ai besoin de me reposer. Alors, je prends le temps, encore.

Par la suite, je me motive à étudier le solfège. J’ai l’impression de faire des progrès chaque jours. Je termine par faire courir mes doigts sur le piano, en mélodie. Mon humeur studieuse me pousse a ranger ce qui à besoin de l’être, faire quelques paperasses puis, en récompense, je continue le jeu entamé la veille. L’enquête est vraiment passionnante, j’ai l’impression d’être dans la peau d’une enquêtrice au coeur d’un grand mystère.

Après le repas du soir, je regarde la flamme, une série complètement décalée et délirante. Les éclats de rires raisonnent dans l’obscurité du salon. Une journée s’achève, dans le bonheur, une fois de plus.

Jour 86 – Le soleil brille dehors

C’est avec douceur que mes yeux s’entrouvrent sur cette journée. Pleine d’entrain, je me rends sur mon tapis de yoga, pour pratiquer. Je choisis d’être guidée et la pratique est plutôt tonique.

Après ce moment mouvementé, je me laisse porter par le temps en lisant. C’est mon estomac qui vient me sortir de mes pensée, au bout de deux heures.

Il est presque midi et j’ai autant envie d’un petit-déjeuner que d’un repas. Je me lance dans la préparation de pancakes rapides et légères. Les petites crêpes dodues sont savoureuses.

Par la fenêtre, le soleil est à l’oeuvre. Le temps est avenant malgré la température qu’indique le thermomètre.

Cette après-midi, je passe énormément de temps à lire. Je suis plongée dans un autre univers et c’est tout ce dont j’ai envie et besoin. C’est une journée remplie de lenteur, de calme.

Puis, sans que je ne comprennes pourquoi, je me lève avec une impulsion. Je range la vaisselle qui traîne, je m’habille, prend un thé à l’emporter et me voilà à l’épreuve du froid. Les rayons du soleil chatouillent mes yeux, j’aurais dû prendre mes lunettes de soleil. En cette saison, à part à la montagne, je les oublie tout le temps. Tant pis, je plisserais les yeux. Je me rends au bord du lac. La promenade est bondée, forcément, c’est le week-end. La splendide météo attire. Il faut aussi admettre qu’il n’y a pas grand chose à faire, en ces temps compliqués.

Je m’efforce de prendre des chemins différents, afin d’éviter la foule.

Je m’efforce de prendre des chemins différents, afin d’éviter la foule. Mes pas me guident au dessus de la piscine fermée pour la saison froide. J’observe ce parc désertique, et ses arbres dénudés. Il me dit qu’il se réjouit que la température augmente, pour pouvoir être fréquenté. Au dessus de nous, le soleil nous regarde, essayant tant bien que mal de nous réchauffer.

À un moment, mes genoux commencent à se bloquer. Mes pieds s’accrochent au sol et je comprends que je dois redoubler d’efforts pour mettre un pied devant l’autre, en toute sécurité. Il est temps de rentrer, avant que je ne sois trop fatiguée.

Ce soir, j’entame un second jeu narratif, dans la même lignée que le précédent terminé. L’enquête peut commencer et ma journée peut enfin s’achever.

Jour 79 – Aller de l’avant

Je m’éveille, sereinement. Mon corps me paraît reposé mais un détail attire mon attention. Ça vient de mes yeux. À peine je les ouvre qu’ils brûlent. Malgré les gouttes de la veille, le sommeil et les paupières closes, ils sont en feu.

Je me lève malgré tout, pensant qu’après encore quelques gouttes, cela passera. Je prépare une tisane, une fournée de yoghourt qui seront prêts dans une dizaine d’heures et me voilà partie vers le salon.

Mon tapis de yoga m’attendait. Ce matin, je suis une vidéo d’Adriene. La séance commence en douceur, réveillant mon corps et faisant taire les sensations désagréables. Puis, les postures s’enchaînent et s’intensifient. Je ne vois pas l’heure passer. Je me sens pleinement centrée et prête à profiter de cette magnifique journée.

Je vais me préparer un petit déjeuner et ensuite, je décide d’écrire. J’aimerais terminer l’article pour pouvoir le publier mais c’est sans compter mes yeux. Ils se rebellent et s’immolent. Je sors ma panoplie de gouttes et collyres mais rien n’y fait. Alors, je pose rapidement mes mots, le strict minimum, je ne relis même pas et j’abandonne. C’est trop douloureux et impossible d’écrire les yeux fermés.

Je tente d’aller préparer des compresses chaudes que je dépose délicatement sur mes paupières. Puis, j’instille encore une goutte dans chaque oeil et vais m’installer dans le canapé. J’ai l’impression que l’astuce des compresses a fonctionné. Je retrouve un confort mais de courte durée. Quel calvaire.

J’ai souvent les yeux secs, qui me brûlent, tirent et j’en passe. Pourtant, une crise aussi forte, dès le réveil, je n’en avais jamais connue. Ce n’est même pas une histoire de fatigue car je me sens en pleine forme. La situation est un peu rageante mais malgré tout, je fais preuve d’un calme olympien. Autrefois, je me serais peut-être énervée contre ce corps détraqué. Mais, à l’heure actuelle, j’ai appris à accepter les aléas de ce quotidien pas comme les autres. Il me demande de me réinventer chaque jour. Comme si chaque jour, j’avais un nouveau corps avec de nouvelles conditions. Instinctivement, désormais, je ne me lamente plus mais je vais directement vers les solutions. Je vais de l’avant.

Dehors, j’aperçois la grisaille et même si le soleil est caché sous une épaisse couche de nuage, je n’en peux plus d’avoir les yeux ouverts. Je les ferme à la moindre occasion et les plisse. Et soudainement, une idée un peu surprenante me vient en tête. Et si je remplace mes lunettes de vue par mes lunettes de soleil, j’aurais moins de luminosité, ça sera ça de gagné. Un peu honteuse d’en arriver à cette idée, je pars chercher mes lunettes. Le soulagement est immédiat. Mes yeux restent inconfortables mais je peux désormais les ouvrir un peu plus longtemps.

Avec ce sens entravé, je vais passer une partie de la journée à écouter des podcasts. J’avais envie de coudre, de regarder des films et d’écrire mais je remets à plus tard. Je n’ai pas spécialement le choix mais ce n’est pas l’important.

Au moment de me cuisiner une soupe, je dois admettre que c’est comique. Je ferme souvent longuement les yeux, pour apaiser le mal mais je ne suis pas sûre de maîtriser ma cuisine les yeux fermés. Et c’est à ce moment précis que je me rends compte le fabuleux travail que font mes yeux. Malgré les difficultés d’aujourd’hui, je les chéris et estime pleinement toute la chance que j’ai d’en avoir encore l’utilisation. Je les remercie mille fois, dans ce moment délicat et leur envoie tout mon amour. J’ai une pensée d’admiration (est-ce que je peux me permettre de le penser et de l’écrire?!) envers toutes les personnes malvoyantes.

Une fois ma soupe prête, je la savoure, toujours les yeux clos. Les sensations sont différentes et j’ai toute ma conscience sur ce qui se déroule dans ma bouche. Une explosion de textures, de saveurs. Je déguste lentement mon bol.

Puis, malgré les podcasts, je rencontre un peu l’ennui. J’avais imaginé avoir une journée plus active mais je ne sais pas fonctionner sans mes yeux. J’analyse mon corps et mes possibilités et je constate que je suis pleine d’énergie. Alors, je m’habille et pars prendre l’air. Si je n’ai pas la vue, j’ai la marche.

Une fois arrivée dehors, la luminosité s’intensifie, malgré mes lunettes de soleil toujours présentes sur mon nez. Et le vent. Je n’ai pas calculé les obstacles que je pourrais rencontrer. Le vent froid souffle sous mes verres et vient limer mes pupilles. Quel supplice. Pendant quelques minutes, je songe à abandonner la promenade jusqu’à ce que je prends une ruelle que je n’avais jamais emprunté. Et surprise, le vent ne sévit pas dans cette petite rue. Alors, je continue ma route.

J’avance au hasard, en fermant soigneusement les paupière dès que je le peux. Je soulève bien mes pieds, afin de ne pas buter contre une irrégularité du sol et ainsi, je vais de l’avant. En arrivant devant cette descente, je me questionne sur mes capacités. Pour moi, ces derniers temps, le plus dur a toujours été de descendre. C’est un exercice très challengeant et la pente est sacrément raide. Je n’ai aucune idée d’où mène ce chemin verdit mais je décide de laisser le destin choisir. J’avance.

En atteignant le point le plus bas, j’atterris au milieu d’une petite forêt avec une rivière. Je n’aurais jamais imaginé tomber sur une surprise pareille. Je prends hasardeusement un cliché et reste à écouter le son de l’eau. Je clos mes paupière, accoudée à la rambarde du pont et profite de reposer mes jambes. Après la descente, il y a toujours une montée.

J’entame la monté, tout aussi raide. Plus j’avance et plus je distrais ma tête des sensations désagréables. La promenade me fait un bien fou. Ce n’est qu’au moment de rentrer, que de derrière mes lunettes de soleil, j’entrevois des contrastes dans le ciel. Je les capture, pour pouvoir mieux les admirer plus tard. Ils étaient plus spectaculaire en vrai qu’en image. Tans pis.

Par un autre chemin, je retrouve la route de la maison. Je suis soulagée d’avoir pu aller mettre mon corps en mouvements. Certes, je n’ai pas pu observer tous les détails de ma balade, comme je le fais d’habitude. Pourtant, cette fois, j’ai perçu d’autres choses. J’ai porté mon attention sur les odeurs, les sensations de chaleur et de fraîcheur ainsi que les sons m’entourant. C’était différent de d’habitude mais tout aussi riche.

Ce soir, je vais continuer mes podcasts et m’endormir paisiblement. Ce fut une belle journée malgré les difficultés rencontrées.

Jour 78 – La vie en jaune

Ce matin, en sortant de ma sombre chambre, je suis éblouie par une luminosité anormale. Tellement inhabituelle que j’en viens à me demander si je n’ai pas laissé une lumière allumée durant la nuit. Je lève mes yeux brumeux jusqu’au plafond et à ma grande surprise, le luminaire est éteint. Puis, mes yeux vont vers la fenêtre et j’observe cette épaisse brume jaunâtre. Elle projet sur mon habitat une lumière particulière.

Ensuite, je vais me laisser le temps d’émerger. Et lorsque je me sens suffisamment éveillée, je me dirige vers mon tapis de yoga. Ce matin, j’ai envie de pratiquer mais sans devoir réellement réfléchir. Alors, je retourne vers Adriene, ma professeur de yoga préférée et ces vidéos. La séance est pleine de vitalité et de douceur. Parfaite pour commencer le week-end.

A la fin de celle-ci, je vais me préparer un petit-déjeuner que je savoure en regardant cette météo si particulière. Puis, en parcourant le journal, je comprends. Pour la faire brève, le vent a transporté des particules très fine venant du Sahara, jusqu’ici. (plus d’explications par ici)

Ma table d’extérieure en témoigne. Les éléments ne connaissent ni les frontières, ni les pandémie. Ils sont libres d’aller et venir et aujourd’hui, ils nous ramènent un petit peu de sable d’ailleurs. Ça m’émerveille.

Je trouve le phénomène majestueux et poétique. Il paraît que cela se produit plusieurs fois par année. Cette constatation me permet de me rendre compte que je n’y avais jamais prêté attention jusqu’à aujourd’hui. Et deuxième constatation, je n’ai jamais été autant connectée à la nature qu’aujourd’hui et je suis heureuse de le découvrir. Je me laisse beaucoup plus porter et influencer par les saisons et ses merveilles. C’est un bonheur constant pourtant si différent d’un jour à l’autre. Une source inépuisable de joie.

Partant de toutes ces pensées, il est clair dans mon esprit que je dois aller dehors. Déjà car je n’ai pas beaucoup marché depuis deux jours mais surtout car j’ai besoin d’air frais. La pluie ocre ne m’effraie pas une seconde. Alors je prépare un thé, des mandarines et me voilà partie à l’aventure de cette journée jaune.

Depuis la rue, l’ambiance paraît moins jaunie que depuis ma fenêtre. Ce n’est que dans certaines perpectives que je me rends compte de la nuance particulière. Finalement, la pluie se retient et moi, je me dirige vers le lac. De prime abord, la température me paraît douce. Puis, doucement le froid me gagne. Alors, je me balade en longeant la douce étendue d’eau.

Le soleil tente de percer ce nuage jaune et offre un spectacle surprenant. Les photos ont naturellement un effet de filtre. Sur les rochers, une fine couche de poussière s’est déposée.

Par moment, je continue à me laisser surprendre par ce paysage. L’eau si claire d’habitude me paraît complètement opaque. Elle reflète les rayons du soleil tant bien que mal et se pare d’une teinte pétrolière.

Malgré le grand nombre de promeneurs, la balade est fantastique. Je me sens réchauffée par mes pas et je rentre, peu avant le coucher du soleil.

Sur le chemin du retour, je sens le contre coup. Des douleurs m’attaquent de toutes parts et une fois arrivée à la maison, je suis contrainte à m’allonger. J’attends qu’elles s’estompent et dès que je sens une seconde de répit, je réunis mon corps tout entier et vais me plonger dans un bain chaud.

Je vais y passer plus d’une heure.

Complètement relaxée, les douleurs apaisées, je me prévois une soirée film. C’était sans compter un paramètre que je n’avais pas calculé. La poussière de la journée a asséchée mes yeux, déjà secs en temps normal. Et ce soir, je ne suis presque plus capable de garder les yeux ouverts sans qu’ils me brûlent. Je ne regrette en rien mon excursion malgré que j’en paie le prix. Je tente tant bien que mal de suivre le film, malgré mes paupières closes. Et finalement, je sombre dans le sommeil.

Jour 77 – Les petites victoires

Photo de JorgeArturo Andrade sur Pexels.com

Ce matin, le réveil s’avère un peu amer. Une nuit mouvementée, pleine de douleurs vient de s’écouler. Heureusement, elle est finie et je peux me lever.

Dans mon brouillard, je me rends sur mon tapis de yoga. Je me tiens debout, sans grande conviction. Je ne remarque même pas quelle météo, il fait dehors. Je m’aperçois que ma pratique ne sera pas comme d’habitude. Alors, je viens simplement étirer mes membres, doucement. Je fais deux salutations au soleil, très lente et je m’accorde le droit de me dire que c’est suffisant pour aujourd’hui.

Dans mon planning du jour, c’est bricolage ce matin. Je continue sur ma lancée de me réapproprier l’endroit où je vis et de modifier tout ce que j’ai toujours souhaité, sans jamais le faire. Aujourd’hui avec l’aide de mes proches, nous installons un bureau d’appoint dans la chambre. Quelle drôle d’époque nous vivons, où le télétravail se fait presque de manière obligatoire. L’aménagement de cet espace ne sera donc pas de trop.

Une fois le travail terminé, je file en cuisine afin de préparer un plat chaud et réconfortant. Après tous les efforts fournis, ça ne fait pas de mal.

L’après-midi, je ressens le besoin de dormir mais je ne m’écoute pas. J’aimerais me débarrasser de deux-trois obligations. Au lieu de ça, je vais faire un peu de paperasse, histoire de pouvoir profiter du week-end qui s’approche sereinement.

Finalement, je suis plus efficace que je ne le pensais. Et la fatigue est passée.

Je dois aller poster une lettre et je pourrais enfin me poser. J’enfile mes chaussures et sors de chez moi. Chaque pas est déposé au sol de manière consciencieuse. En revenant vers la maison, une idée folle me traverse l’esprit. Et si je prenais les escaliers. Cela fait plus d’une année que je ne les ai pas pris, au vu de ma santé. Je tente l’aventure. Les premiers étages, et ils sont nombreux, me semblent faciles. Je prends le soin de conscientiser chaque levée de jambe et de bien mobiliser mes muscles. J’inspire et expire l’air comme lors de mes pratiques de yoga et je m’encourage mentalement. Mon coeur s’accélère, me demandant qu’elle folie je suis entrain d’accomplir. Je le rassure et tiens bon même si je ne sais plus à quel étage je suis. Peut importe, tant que je ne suis pas devant ma porte, je ne m’arrêterais pas. Et ce qui devait arriver arriva. Mon paillasson est là, m’attendant sagement. C’est un acte si simple et banal mais dans ma bouche, ça a un goût de victoire.

Pour remercier mon corps, je vais me préparer une tisane, me mettre en pyjama et c’est le moment pour moi d’aller m’installer confortablement. Ce soir, je passe ma soirée dans la légèreté, je sors les jeux vidéos et m’amuse.

Je m’endors avec la certitude que chaque jour renferme mille victoires.

Jour 76 – La vie est douce

Mon réveil se déroule avec une facilité qui me déconcerte. Vu comme s’est terminée la veille, je pensais garder des séquelles mais mon corps me montre que parfois, il sait y faire. Forte de ce constat, je vais vers mon tapis de yoga et pratique. Déterminée, sûre de moi.

Je m’habille et ce matin mon esprit est déjà perdu dans l’horizon. Par la fenêtre, le temps est clair et le soleil est levé. Il m’inspire monts et merveilles. Cette luminosité me remplit d’envie, de motivation, de paix, de joie, et je pourrais continuer la liste bien longtemps. En bref, il faut que j’aille goûter la douceur du temps, par tous mes sens.

Et vous commencez à comprendre le schéma… Je vais au bord du lac.

Je rejoins assez vite le port. Le vent est doux, presque imperceptible. La température est froide mais agréable. Juste ce qu’il faut. Les innombrables mats des bateaux attirent mon oeil. Dressé vers le ciel, ils attendent patiemment les beaux jours. Les canards barbotent paisiblement.

Je continue à vadrouiller, pendant qu’au dessus de moi, les nuages s’amassent. L’eau est limpide et l’horizon dégagé permet d’apercevoir les sommets enneigés. Durant cette balade, je charge mes poumons d’air pur ainsi que ma tête d’image plus belles les unes que les autres et mon esprit s’apaise.

Je rentre juste avant midi et me repose un peu. J’insuffle à mon corps tout l’amour que je peux, comme si j’essayais de le soudoyer. De lui demander tacitement de me porter un peu plus aujourd’hui.

Puis, lorsque mon ventre se met à gargouiller, je file en cuisine. Je prépare un bon repas ainsi que des muffins aux framboises.

L’après midi, je reçois une ancienne collègue, devenue mon amie. Garder des liens avec ce que je pourrais appeler Ma vie d’avant est important. Cela m’apporte un bien fou et cet après-midi, je vais profiter de cette présence. De nos jours, les contacts humains se font rares.

En fin d’après-midi, j’écris. je suis profondément inspirée. Les mots défilent aisément. Je continue à travailler sur d’autres projets d’écriture et ce jusqu’à la nuit pleinement tombée.

Ce soir, je m’endors avec la gratitude sur les lèvres. Elle dessine un sourire sincère sur ma bouche. Je sais à quel point j’ai de la chance d’expérimenter cette vie, avec ses hauts et ses bas et je ne peux m’empêcher de le répéter.

Jour 74 – Les merveilles de la nature

En ouvrant les yeux, je redoute déjà que la spirale ne s’installe. Ce matin, j’aimerais bien m’enterrer sous la couverture. Où sont passés le repos et le regain d’énergie promis? Ai-je vraiment passer la nuit à ne pas vraiment dormir? Je suis troublée et il me faut un certain temps avant de trouver la motivation pour me mettre en mouvement.

Je me prépare un petit-déjeuner et ma tisane habituelle. Le yoga attendra son tour car ce n’est pas ce dont j’ai besoin à cet instant. J’étire le temps jusqu’au moment où j’ai une impulsion.

Dans la maison, un coup d’aspirateur est requis ainsi que de ranger quelques trucs qui traînent par-ci, par-là. Dans mon esprit se forme un plan, et je m’exécute. Je prends soin de cet environnement, je me l’approprie. Et une fois que je m’estime satisfaite, je vais m’installer sur mon tapis de yoga. Désormais, je me sens éveillée, prête à recevoir les bienfaits. Je continue à pratiquer seule, sans guide. C’est très introspectif et par moment, je me perds dans les méandres de mes pensées. Je retrouve le chemin, par la respiration.

Après un bon repas et une sieste inopinée, je vais passer l’après-midi avec ma famille. Des instants doux et rassurants. Et au moment de rentrer, je détourne mon chemin pour aller voir le lac. Ni la grisaille, ni la pluie de m’effraie. L’eau est mouvementée et elle joue sa musique relaxante.

Sur mon chemin, je croise un premier ponton en pierre. Au bout de celui-ci, les mouettes font concurrence aux canards. Après quelques minutes d’observations, je continue ma route, en quête d’autres merveilles.

Pendant que je longe la côte, l’eau tente d’atteindre mes jambes en se fracassant contre les rochers. À chaque fois, les gouttes me manquent de peu. Un second ponton en pierre attire mon oeil. Il est recouvert d’une belle mousse verte. Je décide de m’aventurer jusqu’à son bout. Je redouble d’attention, afin de ne pas glisser et parviens jusqu’à la pointe. Je remarque que le vent est levé, le froid frotte mes joues et je range mes mains plus profondément dans mes poches.

Puis, je reviens sur mes pas et continue ma route. Mes pas m’amènent sur une petites plages de galets. Mon regard se porte sur l’horizon, puis sur les vagues roulant dans ma direction. L’écume et sa mélodie m’hypnotisent.

Et pendant que je me déplace, je fixe le sol. La multitudes de formes, de tailles et de nuances m’aspirent. Je me baisse et touche la texture solide et râpeuse des cailloux. Malgré le froid et l’humidité, j’allonge le temps sur cette plage. Je m’extasie devant chaque pierre, aussi banale soit-elle. J’ai la sensation de marcher sur mille merveilles.

Ce n’est lorsque les lampadaires, sur la promenade, s’allument que je décide de rentrer.

Le soir, je vais prendre le temps d’écrire brièvement, mes idées sont brouillons ces jours.

Je vais m’endormir, heureuse d’avoir pu vivre une si douce journée, malgré qu’elle n’ait pas commencé comme je l’aurais souhaité. Comme quoi, il y a toujours de l’espoir.