Jour 15

Hier, je n’avais ni la force, ni le courage, ni rien du tout pour l’écriture ou le yoga. Au même temps, pour arriver à mon bien-être, il me fallait vivre ces émotions et non les cacher sous une activité. C’était nécessaire.

Heureusement, après ce passage fort en émotions, je peux reprendre le cours normal de mon existence.

Le matin, comme d’habitude, je regarde par la fenêtre. Il a neigé. J’ai envie de mettre mon manteau et de me rendre dehors. Une pulsion digne de l’enfance. Malgré la température, ce duvet blanc m’inspire confiance.

Une amie m’accompagne dans cet élan. Nous nous rendons en forêt. Tout est blanc. Nombreux sont les promeneurs. Pourtant, le bruit est étouffé par cet isolant naturel. C’est magique. Chaque pas est révélateur de petits craquements. Les branches sont lourdement chargées. Par empathie et surtout pas jeu, nous secouons les rameaux. La neige s’envole et finit son chemin sur le sol, délivrant les arbres du poids. Nous évoluons avec douceur et assurance dans ce bois que nous ne connaissons pas.

C’est tellement féerique que j’en perds la notion du temps. Je suis encrée dans le présent et je n’en loupe pas une miette.

En rentrant, je me sens simplement heureuse.

Plus tard, je déroule mon tapis de yoga. Je respire avec aisance. L’air froid a nettoyé mes poumons et mon esprit. Je suis précise dans mes gestes et indulgente avec mon corps. La séance se termine et je me sens alignée.

Pour terminer cette magnifique journée, je prends le temps d’écrire. Les mots viennent aisément et s’enchaînent. Je ressens les bienfaits de l’entraînement quotidien. Je constate que composer des textes rentre dans mon quotidien. C’est subtil et encourageant.

Il fait nuit lorsque je m’assoupis avec béatitude.

Jour 12

La matinée passe avec une rapidité dont je n’ai pas l’habitude. J’abats une quantité de travail plus vite qu’à l’accoutumée. Il y a quelque mois, j’aurais pris peur devant la liste de choses à faire. Ce matin, tout me paraît réalisable. L’énergie jaillit à l’infini. Je remarque que je n’ai pas eu ce sentiment depuis longtemps. J’éprouve de la fierté d’être aussi prolifique.

Avant les douze coups de midi, je me change et retrouve Adriene. Elle me propose une pratique douce, au sol. J’ai un peu de mal à focaliser sur l’instant présent. Mes pensées vont de mon inspiration puis se perdent avant d’atteindre l’expiration. Dans ma tête, le reste de mon planning me tourmente. J’ai peur d’être en retard. L’emprise du temps qui passe ne me lâche pas dans cet exercice. C’est aussi ça, le yoga. Ce n’est pas toujours simple de créer cette bulle. Je prends cette session comme un apprentissage de plus pour l’avenir.

L’après-midi, je me rends à mes rendez-vous puis, en rentrant, je m’arrête au bord du lac. Je flâne sans réellement savoir combien de temps durera cette balade. Le vent est levé mais il ne m’abattra pas. J’immortalise la beauté du lieu et range mes doigts au chaud. Les rochers de la digue sont unis et solide. Je m’inspire d’eux. Je me sens mentalement forte et incassable.

Au loin, un homme se baigne dans l’eau glacée. J’admire sa démarche et l’espace d’une minute, j’aimerais me lancer. L’instant de folie passe puis je me questionne. Vit-on vraiment la même réalité? Il fait sacrément froid. Mon étonnement et moi continuons d’avancer. L’horizon est gris, mon esprit est clair. Mes poumons s’emplissent d’un doux bonheur.

Je passe le pas de porte et la nuit tombe. Mon esprit est apaisé et mon corps est épuisé. Finir la journée s’annonce compliqué.

Une personne qui m’est proche m’apporte une surprise. Je suis touchée et l’espace d’un temps, j’oublie la souffrance. L’amour de mon entourage a un pouvoir sans limite, à l’instar de mon corps. J’ai des décharges dans les mains et envie de vous écrire. Je me munis de mon ordinateur puis me rends compte que ça n’en vaut pas la peine. Je dois savoir faire la part des choses et accepter lorsque ce n’est pas possible. Je vais me reposer et j’écrirais de plus belle, demain.

Jour 1

Pssssst! Il faut que je vous raconte comment commence ma nouvelle vie!

Pour cette première journée, je suis allée me balader.

Le soleil est sur le point de s’en aller que j’enfile mes chaussures. L’air est froid mais agréable. Je le sens circuler dans mon corps au fur-et-à-mesure que j’avance. Je déambule sans destination précise, si ce n’est le bonheur. Il y a cette odeur bien particulière des saisons froides. C’est neutre et gelé. C’est doux mais puissant. Des déclinaisons de bleus, de gris et de jaunes m’entourent. Le soleil tire sa révérence, les réverbères prennent le relais. Ce moment hors du temps, à observer les gens rentrer chez eux avec leurs courses, se mettre au chaud, m’emplit d’énergie.

Je rentre à mon tour.

Je déroule mon tapis et me voilà prête pour une séance de yoga et de méditation.

Je n’ai pas encore acquis la capacité de me guider seule alors je lance une vidéo. J’écoute la voix douce et assurée d’Adriene. Je ferme les yeux et suis ses instructions. Très rapidement, mon rythme de respiration est fluide et confiant. Mes mouvements sont sûrs. La pratique d’aujourd’hui est calme. Je l’ai choisie afin d’apporter une caresse générale à mon corps. En fin de séance, je médite. Enveloppée dans ma couverture préférée, je préserve la chaleur. Elle me protège, c’est agréable. J’ai en tête la volonté de vous écrire mais je tente de centrer mes pensées sur mes sensations. Je ralentis mon cerveau qui bouillonne d’énergie et d’idées. Je crée du vide et de l’espace pour plus tard.

Lorsque j’ouvre à nouveau les paupières, la journée touche définitivement à sa fin. Pourtant, j’ai l’impression d’avoir plus d’énergie qu’au réveil. Je suis simplement heureuse.