Jour 78 – La vie en jaune

Ce matin, en sortant de ma sombre chambre, je suis éblouie par une luminosité anormale. Tellement inhabituelle que j’en viens à me demander si je n’ai pas laissé une lumière allumée durant la nuit. Je lève mes yeux brumeux jusqu’au plafond et à ma grande surprise, le luminaire est éteint. Puis, mes yeux vont vers la fenêtre et j’observe cette épaisse brume jaunâtre. Elle projet sur mon habitat une lumière particulière.

Ensuite, je vais me laisser le temps d’émerger. Et lorsque je me sens suffisamment éveillée, je me dirige vers mon tapis de yoga. Ce matin, j’ai envie de pratiquer mais sans devoir réellement réfléchir. Alors, je retourne vers Adriene, ma professeur de yoga préférée et ces vidéos. La séance est pleine de vitalité et de douceur. Parfaite pour commencer le week-end.

A la fin de celle-ci, je vais me préparer un petit-déjeuner que je savoure en regardant cette météo si particulière. Puis, en parcourant le journal, je comprends. Pour la faire brève, le vent a transporté des particules très fine venant du Sahara, jusqu’ici. (plus d’explications par ici)

Ma table d’extérieure en témoigne. Les éléments ne connaissent ni les frontières, ni les pandémie. Ils sont libres d’aller et venir et aujourd’hui, ils nous ramènent un petit peu de sable d’ailleurs. Ça m’émerveille.

Je trouve le phénomène majestueux et poétique. Il paraît que cela se produit plusieurs fois par année. Cette constatation me permet de me rendre compte que je n’y avais jamais prêté attention jusqu’à aujourd’hui. Et deuxième constatation, je n’ai jamais été autant connectée à la nature qu’aujourd’hui et je suis heureuse de le découvrir. Je me laisse beaucoup plus porter et influencer par les saisons et ses merveilles. C’est un bonheur constant pourtant si différent d’un jour à l’autre. Une source inépuisable de joie.

Partant de toutes ces pensées, il est clair dans mon esprit que je dois aller dehors. Déjà car je n’ai pas beaucoup marché depuis deux jours mais surtout car j’ai besoin d’air frais. La pluie ocre ne m’effraie pas une seconde. Alors je prépare un thé, des mandarines et me voilà partie à l’aventure de cette journée jaune.

Depuis la rue, l’ambiance paraît moins jaunie que depuis ma fenêtre. Ce n’est que dans certaines perpectives que je me rends compte de la nuance particulière. Finalement, la pluie se retient et moi, je me dirige vers le lac. De prime abord, la température me paraît douce. Puis, doucement le froid me gagne. Alors, je me balade en longeant la douce étendue d’eau.

Le soleil tente de percer ce nuage jaune et offre un spectacle surprenant. Les photos ont naturellement un effet de filtre. Sur les rochers, une fine couche de poussière s’est déposée.

Par moment, je continue à me laisser surprendre par ce paysage. L’eau si claire d’habitude me paraît complètement opaque. Elle reflète les rayons du soleil tant bien que mal et se pare d’une teinte pétrolière.

Malgré le grand nombre de promeneurs, la balade est fantastique. Je me sens réchauffée par mes pas et je rentre, peu avant le coucher du soleil.

Sur le chemin du retour, je sens le contre coup. Des douleurs m’attaquent de toutes parts et une fois arrivée à la maison, je suis contrainte à m’allonger. J’attends qu’elles s’estompent et dès que je sens une seconde de répit, je réunis mon corps tout entier et vais me plonger dans un bain chaud.

Je vais y passer plus d’une heure.

Complètement relaxée, les douleurs apaisées, je me prévois une soirée film. C’était sans compter un paramètre que je n’avais pas calculé. La poussière de la journée a asséchée mes yeux, déjà secs en temps normal. Et ce soir, je ne suis presque plus capable de garder les yeux ouverts sans qu’ils me brûlent. Je ne regrette en rien mon excursion malgré que j’en paie le prix. Je tente tant bien que mal de suivre le film, malgré mes paupières closes. Et finalement, je sombre dans le sommeil.

Jour 76 – La vie est douce

Mon réveil se déroule avec une facilité qui me déconcerte. Vu comme s’est terminée la veille, je pensais garder des séquelles mais mon corps me montre que parfois, il sait y faire. Forte de ce constat, je vais vers mon tapis de yoga et pratique. Déterminée, sûre de moi.

Je m’habille et ce matin mon esprit est déjà perdu dans l’horizon. Par la fenêtre, le temps est clair et le soleil est levé. Il m’inspire monts et merveilles. Cette luminosité me remplit d’envie, de motivation, de paix, de joie, et je pourrais continuer la liste bien longtemps. En bref, il faut que j’aille goûter la douceur du temps, par tous mes sens.

Et vous commencez à comprendre le schéma… Je vais au bord du lac.

Je rejoins assez vite le port. Le vent est doux, presque imperceptible. La température est froide mais agréable. Juste ce qu’il faut. Les innombrables mats des bateaux attirent mon oeil. Dressé vers le ciel, ils attendent patiemment les beaux jours. Les canards barbotent paisiblement.

Je continue à vadrouiller, pendant qu’au dessus de moi, les nuages s’amassent. L’eau est limpide et l’horizon dégagé permet d’apercevoir les sommets enneigés. Durant cette balade, je charge mes poumons d’air pur ainsi que ma tête d’image plus belles les unes que les autres et mon esprit s’apaise.

Je rentre juste avant midi et me repose un peu. J’insuffle à mon corps tout l’amour que je peux, comme si j’essayais de le soudoyer. De lui demander tacitement de me porter un peu plus aujourd’hui.

Puis, lorsque mon ventre se met à gargouiller, je file en cuisine. Je prépare un bon repas ainsi que des muffins aux framboises.

L’après midi, je reçois une ancienne collègue, devenue mon amie. Garder des liens avec ce que je pourrais appeler Ma vie d’avant est important. Cela m’apporte un bien fou et cet après-midi, je vais profiter de cette présence. De nos jours, les contacts humains se font rares.

En fin d’après-midi, j’écris. je suis profondément inspirée. Les mots défilent aisément. Je continue à travailler sur d’autres projets d’écriture et ce jusqu’à la nuit pleinement tombée.

Ce soir, je m’endors avec la gratitude sur les lèvres. Elle dessine un sourire sincère sur ma bouche. Je sais à quel point j’ai de la chance d’expérimenter cette vie, avec ses hauts et ses bas et je ne peux m’empêcher de le répéter.