Jour 64 – Le vent tourne

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Ce matin, je me sens nouvelle. Je me réveille, un peu plus légère que la veille et fonce vers mon tapis de yoga. Je pratique de manière fluide et sans difficulté. Je respire et accueille à plein poumon, cet air de bien-être.

Dehors, le ciel est plutôt clair et dégagé. Le soleil, lui, habille les façades de sa luminosité joyeuse. C’est un beau matin. Il y a un long nuage, étroit, d’un gris détonnant. Il longe l’horizon d’un bout à l’autre. En l’observant, j’aperçois même le mouvement donné par le vent. Il s’active.

Alors, je décide d’en faire de même car si ce n’est pas maintenant, ça ne sera jamais le cas. Je me prépare vite vite et vais faire une petite marche. Au loin, j’aperçois le sommet des montagnes enneigées. L’air est particulièrement glacé et me picote les joues. Je ne ressens pas spécialement de douleurs et je savoure ces instants. La balade est courte mais efficace.

En rentrant, je m’aperçois que j’ai égaré mon énergie en promenade. Je suis lessivée. Pour midi, je grignote plusieurs petites choses. Je ne sais pas réellement de quoi j’ai besoin ou envie si ce n’est d’avoir un peu d’énergie. Je sais pertinemment que ça fait partie du processus de mes crises pourtant, aujourd’hui, je ne peux m’empêcher par petit moment de me dire, que ça fait un peu long. Je passe plus de temps à décider ce que je pourrais faire qu’à faire. Et finalement, je ne fais pas grand chose car je comprends, que j’ai besoin de ne rien faire. Le lâcher prise est un apprentissage quotidien. Je me console en repensant à l’air frais, de ce matin.

En milieu d’après-midi, je me décide à aller prendre une douche et celle-ci m’apporte un brin de réconfort. C’est en sortant de la salle de bain que je me mets à écrire. Les mots n’ont jamais été si difficiles à sortir et si peu inspirés. Mais je n’abandonne pas mon idée. C’est important pour moi de relater les moments de joies et leurs contraires. En soit, je ne suis pas spécialement malheureuse mais vivement que ça passe.

La météo a radicalement changé. Désormais, le ciel est nappé de gris clair et la pluie recouvre mes vitres. La lumière s’atténue jusqu’à laisser place à l’obscurité.

Ce soir, je partage mon repas avec mes proches. Je tente de faire bonne figure, de ne montrer que le meilleur de moi-même. Entourée, je profite de grappiller un peu de leur vitalité et de leur chaleur. Ils m’enrobent d’amour, de rires et pendant quelques heures, ils me permettent d’oublier.

Dans mon lit, je m’endors plus vite que jamais.

Jour 62 – Ainsi va la vie

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J’ouvre les paupières et autour de moi, la pièce se met à tourner. Je me sens épuisée et ce n’est pas ce que j’attendais après une nuit de sommeil. Malgré la fatigue, je ne réussis pas à retrouver le chemin vers l’endormissement. Dans mes jambes, c’est actif et désagréable. Résignée, je me mets à la verticale, ayant l’impression qu’au creux de mon ventre, c’est une mer agitée qui se déchaine et que sous mes pieds, le sol est prêt à se dérober à tout instant.

Je me prépare une tisane, espérant qu’elle me soulagera. Finalement, a part la chaleur, elle ne m’apporte rien d’autre. Je vais dans le salon et d’un oeil triste, je regarde le tapis de yoga. Je sais à quel point, lorsque ça ne va pas, pratiquer m’aide. Cependant, j’ai l’impression d’être noyée dans toutes les sensations désagréables que mon corps m’envoie. Je prends la décision de garder la séance pour plus tard.

Je m’habille et comme pour conjurer le sort, je me motive à sortir. Je me dis qu’une bouffée d’air frais pourrait m’apporter un peu de réconfort. A chaque mouvement, je ressens le besoin de m’asseoir à nouveau. Entre ma tête alourdie, mes yeux piquants et cette faiblesse générale qui m’accapare, tout en saupoudrant le tout d’une douleur vive dans les jambes, c’est le lot gagnant. C’est habillée, les chaussures aux pieds que j’abandonne. Un peu déçue mais complètement d’accord que tout ce qu’il me reste à faire, c’est le repos.

Alors je m’installe et prend le temps d’écrire. C’est un peu difficile car les mots sont là mais je fais preuve d’une lenteur incroyable. Tant pis, ça me prendra le temps que ça doit me prendre.

A la fin de ce moment, je me motive à aller rejoindre Adriene. Le hasard fait bien les choses car la séance d’aujourd’hui s’appelle Pause et j’ai justement l’impression d’être sur pause. Je centre alors ma concentration sur ma respiration avec les exercices proposés. Doucement, la nausée qui me collait s’atténue. Je suis heureuse d’avoir ce moment de répit.

Le reste de la journée se résume a voir le temps passer. Je n’ai pas la force de bouger ou de faire quoi que ce soit. Je végète. Lorsque je me décide parfois à me lever, mon pouls s’accélère et me fait regretter. Alors, je me couche à nouveau. Je ne ressens pas spécialement d’émotion positive ou négative. Et ainsi, l’après-midi passe.

Vient le coucher du soleil, pour me rappeler une certaine temporalité. Et avec ce rappel, mon appétit endormi s’éveille. Je m’alimente enfin, pour de vrai.

Le soir, je décide de regarder quelque chose et je tombe sur Le guide Headspace de la méditation sur Netflix. Une série proposant de se familiariser avec la méditation et ses techniques. Je me laisse tenter, même si je pratique déjà, en me disant que ça ne me fera pas de mal. Et je ne me suis pas trompée, ce court laps de temps me permet de me relaxer d’autant plus. Et sur cette détente, je décide d’aller me coucher. Je suis fatiguée d’être fatiguée mais je ne peux me languir de ce que demain peut me réserver.

PS: Je me décide à mettre des titres à côté des jours, vous en pensez quoi?

Jour 61 – Savourer

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Le réveil sonne et pour ne pas changer une équipe qui gagne, mon corps endormi et moi-même, nous nous rendons sur le tapis de yoga. Dehors, le soleil se lève, timidement. Je me sens à l’aise dans mes mouvements, ils sont fluides et je parviens à faire le vide de plus en plus rapidement. Arrive une posture me demandant, si j’en ai l’envie et la possibilité, de me mettre sur la pointe des pieds. Et sans m’en apercevoir, je me lance. Certes, je ne peux pas tenir la posture, j’y accède tout juste mais j’ai essayé. Ce n’est qu’à la fin de la pratique que je m’en rends compte. Pour remettre un peu de contexte, il y a un an, me mettre sur la pointe des pieds, pour attraper quelque chose, par exemple, c’était inenvisageable. J’étais trop faible, et cela impliquait une souffrance sans limite. Il y a deux mois, me mettre sur la pointe des pieds, j’y pensais quinze fois et puis je me disais que c’était mieux pas, je n’en étais pas capable. Et voilà que désormais, il n’y plus de limites. Alors, la douleur est toujours là mais j’ose enfin la défier. Et j’avoue, j’ai eu mal mais rien d’insurmontable. C’est une petite victoire pour entamer une belle journée.

La matinée passe à une allure folle. J’enchaîne entre les rendez-vous et les petites choses à faire. Je me déplace avec facilité et détermination. Et dans mes pensées, je ressens une profonde gratitude d’arriver à jongler avec autant de choses dans un laps de temps si restreint. J’avais accepté cette nouvelle vie, faites de choix et de contraintes en me contentant du plus important. Cependant, c’est un bonheur sans fin de pouvoir vivre un peu plus, comme avant. Je suis très lucide malgré tout, je sais que rien est acquis et que demain est un autre jour. Alors je savoure aujourd’hui.

Aujourd’hui, je savoure le repas que j’ai eu du plaisir à réfléchir, me procurer les ingrédients puis concocter.

Aujourd’hui, je savoure le rayon de soleil qui me salue, simplement.

Aujourd’hui, je savoure lorsque mes doigts défilent sur le clavier, laissant une trace de cette folle aventure qu’est la vie.

Aujourd’hui, je savoure chaque mouvement, peut importe la douleur.

Aujourd’hui, je savoure d’arriver à remplir mes obligations sans me laisser déborder par le stress de l’inconnu.

Aujourd’hui, je savoure les moments de repos que je m’octroie, sans les voir comme une punition.

Aujourd’hui, je savoure les instants passés avec mes proches, entre confessions et paroles légères.

Aujourd’hui, je savoure cette fatigue dont je connais la cause et que j’accueille avec joie.

Aujourd’hui, c’était une belle journée pour savourer le goût de la vie.

Jour 60 – Au bon endroit, au bon moment

Se frayant un chemin entre les bâtiments puis les arbres, le soleil parvint tout de même à atteindre mon front pour y déposer l’un de ses doux rayons.

Je sors du sommeil paisiblement. La nuit fut longue et favorable. Et c’est revigorée que je me lève et avance vers mon tapis. Comme je le disais hier, je n’attends que ça, dès mon réveil.

La voix d’Adriene fait désormais partie de mon quotidien et je l’écoute les yeux fermés. Elle guide mes gestes avec précisions et aujourd’hui encore, la séance se fait plus longue que la veille. Cette pratique commence en douceur et de manière insidieuse, des postures offrant plus de défis font leur apparition. Je les appréhende avec confiance et me lance, intrépide. Je n’ai pas peur d’échouer.

Après ma séance, une idée rôdait dans mon esprit depuis quelques semaines. J’ai envie de faire le tri dans mes vêtements, de me séparer de ce que je ne porte plus. Je m’exécute.

Vers midi, les choses avancent et je décrète le besoin d’une pause.

Je me prépare un repas et profite de ce moment de calme pour reprendre des forces.

Ensuite, je continue le rangement. C’est physique. Déplacer les tas de vêtement, me baisser souvent, je le sens, ce n’est pas simple. Je persévère car faire le tri m’apporteras un espace de liberté dans mon organisation qui ne sera pas de refus. Pourtant, vers quatre heure, j’observe le soleil brillant, à travers la fenêtre. Je me sens fatiguée au point de dormir mais je n’en ai pas envie. J’aimerais arriver au bout de ma quête. Je ne fais que de m’asseoir et je suis au point mort. Alors pour conjurer le sort et me remotiver, je décide de m’octroyer un moment plus fun.

Je vais dehors. Je reprends le même chemin qu’hier, voulant découvrir les possibilités. Dans le parc, le soleil vient me chatouiller, en passant entre les arbres. Je le prends comme une confirmation de l’univers, je suis au bon endroit, au bon moment. Cette pause de nature est ce dont j’avais besoin. J’immortalise le moment.

Puis je rentre, d’un pas décidé à finir ce que j’ai commencé. Aussitôt je passe la porte que je finis le rangement de mes armoires. Puis je remplis des sacs d’habits à donner, ils rendront quelqu’un d’autre plus heureux que moi et pour les vêtements trop usés, je les mets dans ma boite à couture.

J’ai mérité de pouvoir aller me poser un petit moment. Je décide d’utiliser ce temps pour l’écriture. En fond musicale, je mets du Chopin, c’est un de mes compositeurs préférés. Les mots défilent presque en rythme. Plongée dans ma bulle, je ne vois pas le temps qui défile et c’est mon estomac qui me rappelle à l’ordre. Les gargouillis sont vifs et autoritaires. Alors, je me plis à la demande vitale et me dirige vers la cuisine pour me sustenter.

Plus tard, au moment d’aller me mettre au lit, j’aperçois une lueur vive à travers la fenêtre. Une demie lune est suspendu juste en dessus de la pointe la plus haute de la cathédrale. Elle rayonne dans l’obscurité, offrant sa beauté à quiconque souhaiterait l’observer. Je vole cet instant à la nuit et vais me coucher, le coeur léger.

Jour 58 – La simplicité est une source de bonheur inépuisable

Ce matin, lorsque je prends conscience de mon corps, ma première pensée me conduit devant la fenêtre. Je dois m’assurer que ma promesse a été tenue. La neige est là, quel soulagement. Durant la nuit, elle n’a pas fuit. Et la seconde bonne nouvelle, c’est que pour le moment, je me sens en pleine forme. Sûrement un effet de l’enthousiasme que je ressens à l’idée d’aller à l’extérieur.

Je croque dans un petit gâteau de la veille, prépare une tisane et file m’habiller. J’adore ressortir tous mes vêtements chauds. J’enfile les couches une à une et me voilà prête. Direction, la forêt.

Il fait plutôt gris, le soleil ne se montrera pas, je pense. Plus je m’approche de ma destination, plus la neige s’amasse. Tout est blanc et même le brouillard est de sortie. Sur la route, je ne vois plus que la voiture qui me précède et celle qui me suit. Autour, c’est le vide.

Arrivée dans la forêt, je ne sais plus où donner de la tête. La couche de neige est épaisse, les arbres sont majestueusement recouvert et la température caresse mes joues. Chaque pas que je fais produit un craquement, tendre. Je suis submergée par toutes cette beauté environnante. Elle m’émeut et me remplit de joie que je dois évacuer en sautillant dans l’or blanc. J’avance ainsi, entre marche et pas rapides joyeux. Avec mes gants, j’ose parfois toucher pour sentir la texture si particulière. C’est magique. Pendant ce temps, au centre de mon corps, une chaleur enveloppante se crée. C’est un instant de pur bonheur. J’arpente la forêt pendant plus d’une heure, au hasard. Chaque arbre est unique et l’envie de m’arrêter pour observer chacun d’entre eux me traverse. Mon côté aventureux lui, souhaite découvrir tous les chemins possibles. Alors j’alterne entre l’exploration et la contemplation.

Vient le moment de rentrer, la tête pleine de belles images et le coeur remplit d’allégresse.

En arrivant à la maison, je suis encore pleine d’énergie. Je profite d’elle pour aller me mettre sur mon tapis de yoga. Par tout hasard, cette séance n’est pas axée sur les mouvements mais plutôt la respiration. Ce n’est pas plus mal vu l’activité que j’ai fait ce matin. Cette opportunité de ralentir le rythme est un cadeau. J’ai l’impression d’expirer encore l’air précieux de la forêt. C’est un moment suspendu, enrichissant et lent.

À la fin de ma pratique, vient le moment de manger. Heureusement, j’ai gardé des restes de la veille. Rapide et satisfaisant.

En début d’après-midi, je décide de prendre le temps d’aller me faire couler un bain, afin de détendre mes muscles. Dans l’eau, je plonge dans les souvenirs de la matinée. Le sel d’Epsom apporte à mon corps ses propriétés décontractantes et relaxantes. Je me sens réellement bien.

En sortant du bain, l’envie de lire me saisit. Je m’installe confortablement et commence un nouveau roman. Et sans l’avoir vu venir, mes paupières commencent à se clore. Je donne ma permission, repos accordé.

À mon réveil, je me sens plus paisible que jamais. Cette sieste a été douce et onctueuse.

La nuit commence à tomber. Je profite de lire encore quelques instants. Soudainement, mon récit est coupé par une pensée. Et si j’allais écrire? Je m’exécute. Et doucement, de petites ondes électriques s’installent dans ma mains droite. Je tente de la bouger le moins possible tout en continuant à écrire. J’ai envie d’arriver au bout de mon article. Et je ne laisserais rien entacher cette merveilleuse journée.

En allant me coucher, une bonne fatigue m’accompagne, c’est agréable.

Jour 57 – À cent à l’heure

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J’émerge, la tête pleine de sommeil.

Ce matin je dois me rendre à la poste, de bonne heure. C’est le week-end et je ne souhaite pas me confronter à l’ébullition de la ville. Je m’habille et avale un rapide petit-déjeuner.

Arrivée dehors, le froid recouvre mes joues. Paraît-il que c’était l’une des nuits les plus froides de la saison. Je me fais toute petite dans mon manteau, afin d’être protégée. En marchant, j’analyse mes muscles et leurs sensations. J’oublie les douleurs de la veille et me défie de vivre comme si de rien n’était. D’un pas assuré, j’avance vers l’enseigne jaune. Sur la place, le marché et ces effluves sont de sorties. Je n’ai besoin de rien mais j’observe attentivement, de loin, les couleurs des légumes sur les étendards. Je remplis mes narines de toutes les odeurs. C’est un joli spectacle. Je rentre enfin dans la poste et à ma grande surprise, elle est vide. Tout le monde dort encore. Mission accomplie.

Je rentre, mon esprit est apaisé. Je peux désormais me consacrer à faire ce qu’il me plaît.

En arrivant à la maison, je profite de mon énergie pour ranger un peu le fouillis accumulés ces derniers jours. En période de crises, j’en fais évidemment le moins possible et forcément, le désordre s’installe. Heureusement, je ne lui laisse jamais l’opportunité de s’installer définitivement.

Puis, vient mon moment de plaisir, le yoga. Je m’installe sur le tapis, les muscles encore chauds de ma matinée. Je m’encre dans la pratique avec facilité et elle m’amène tout ce dont j’ai besoin. Je remercie mon corps de me le permettre. Depuis que je pratique, je me rends compte du changement global qui s’opère. Sur ce tapis, je développe tellement de belles qualités telles que la patience, la douceur, la discipline, l’indulgence, la confiance mais aussi, la force (mentale et physique), la clarté, la vitalité, l’acceptation et bien d’autres. Et peut-être que certaines choses étaient déjà là mais enfouies par la vie, au plus profond de moi. Aujourd’hui, je me rends bien compte que je vis de plus en plus, dans le moment présent et que je suis globalement plus heureuse. Et pourtant, je crois ne jamais m’être sentie profondément malheureuse. Malgré les aléas de la vie, j’ai toujours gardé cette positivité qui me caractérise depuis l’enfance. Pourtant, le yoga me permet de raviver cette flamme.

Après cette séance, plus que bénéfique, je suis en condition idéale pour écrire. Je n’ai pas réellement eu la possibilité d’écrire durant les jours précédents, je vais remédier à ça. C’est le cerveau bouillant que je noircis la page. Je dois admettre, ça m’avait manqué. Cet instant d’introspection, de gratitude et de retranscription avait laissé un vide. Alors, mes doigts se déchaînent et je vide toutes mes pensées. Je m’aperçois que s’en est devenu un besoin. Autant que pour le yoga, l’écriture me permet de tenir le cap. Peu importe si ce que je dis n’a aucun intérêt, peu importe si personne ne lit. J’avance vers mon ambition d’un bien-être quotidien, simple et facilement cultivable. Je n’ai pas besoin de gravir une montagne chaque jour pour être heureuse. J’ai vidé ma tête et désormais, je me sens prête à passer à la prochaine étape de ma journée.

Je n’ai pas encore prévu la suite mais mon ventre me met sur une piste. Il gargouille. Je vais dans la cuisine et demande à mon frigo que faire. Évidemment, il ne répond pas, c’est un frigo. Je demande alors à mon estomac mais lui aussi reste mutique. Forcément. Je demande à mes jambes ce qu’elles en pensent. (Promis je suis saine d’esprit, je crois.) Et figurez-vous qu’elles me répondent. Elles m’expliquent qu’elles ont encore de l’énergie pour être debout, elles sont d’accord de me porter pour que je puisse cuisiner. Elles me soufflent de profiter de cette configuration pour préparer un peu plus de nourriture, pour les jours difficiles.

J’obéis. La décision se fait rapidement, concernant la recette. Je prépare une tarte de légumes, en faisant ma pâte maison. Musique en fond sonore, je suis emportée dans la tâche. J’enfourne le plat et dans un élan de folie, je prépare quelques petits gâteaux aux framboises. Pendant que je finis de remplir les caissettes à muffins, je commence à fatiguer. Je comprends que mes limites sont proches. Comme d’habitude, je ne les vois jamais venir. J’attaque la vaisselle et tente de chanter pour distraire les sensations désagréables me parcourant. C’est une lutte pour finir cet acte si banal. Avez-vous déjà été fier d’arriver à finir de laver votre vaisselle? C’est un sentiment risible et étrange.

La tarte est prête. Je savoure, contente d’avoir effectué toutes ces activités. Je termine mon repas par un gâteau tiède, délicieux. Les restes de la tarte, partent tout droit dans le congélateur. Merveilleuse invention.

L’après-midi est déjà autant entamée que mon énergie. Je m’installe dans le canapé, allongée et une série en fond. Je regarde, je somnole et je reviens en arrière. Je réfléchis, je me repose. Je ne veux même pas m’attarder sur les points de douleurs. Mon mental est plus fort pour les étouffer.

Avant de me coucher, la luminosité par la fenêtre m’intrigue. Je ne comprends pas exactement comment il est possible, en pleine nuit qu’il y ait autant de clarté. Puis je baisse les yeux sur le sol du balcon et vois la matière blanche. Je suis surprise. Il a neigé. Le sol est recouvert d’une couche déjà épaisse. L’horizon est flouté. Aurais-je mal regardé? J’ouvre la fenêtre et tend la main au milieu de la nuit. La neige est si fine qu’elle fond instantanément à la surface de ma peau. Elle est si fine qu’elle est presque imperceptible dans l’obscurité. Je referme la fenêtre et malgré le froid que je viens d’affronter, je suis bouillante d’excitation. Je jette un dernier regard sur la neige, lui faisant promettre d’être encore là, à mon réveil et me dirige vers mon lit. Cette fois, demain, j’irais fouler l’or blanc.